Hommage au combat de Spike Lee

jeudi 11 septembre 2008 - 11:20 | Showbizz
L'évènement du jour, voir même de ce 34ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, est la découverte du dernier film de Spike Lee : le tant attendu Miracle À Santa Anna, dont c'est la première projection publique en Europe (le film sortira le 22 octobre en France).
Un vieil homme noir qui ne supporte plus les clients qu'il doit servir tire sur l'un d'eux, qui meurt. Ce vieil homme fait ensuite la une des journaux : son arme est un vieux pistolet allemand, c'est un valeureux soldat américain décoré, et il y avait chez lui la tête d'une statue antique. Après ce début un peu laborieux, on va découvrir son passé et en particulier ce qu'il a vécu durant la Seconde Guerre Mondiale en Italie...
Spike Lee combat toujours le racisme et le fait savoir. Cette fois, il s'attaque au genre du film de guerre, se concentrant sur un groupe de soldats noirs. Lee veut tout simplement rafraîchir les mémoires en parsemant son film de dialogues revendicatifs comme « On s'est battu pour ce foutu pays nous aussi » ou « pourquoi mourir pour une nation qui ne veut pas de nous ? ». Mais au delà même de l'aspect politique, Spike Lee nous offre là un vrai bon film de guerre avec ses clichés et ses scènes violentes.
Nous sommes donc en Italie et, lors d'une offensive meurtrière, un groupe de quelques soldats noirs (envoyé en première ligne par leurs chefs blancs...) parvient à traverser une rivière et à atteindre la position d'un village isolé. Ils vont devoir comprendre les villageois (qui leur demandent de capturer un soldat ennemi) ; les partisans italiens sont recherchés comme étant terroristes, les troupes nazies approchent, et - surtout - un petit garçon seul (qui vient d'échapper à un massacre) s'attache à un des soldats. Miracle À Santa Anna se déroule sur 2h40. Ca pourrait paraître long, mais, pour faire court, c'est de la bombe.

Spike Lee est-il aussi piquant en conférence de presse ?
Débarquent avec un polo bleu marqué 'France' et avec une casquette 'Obama 08', il s’empresse de donner sa vision du film et de son histoire : Le scénario est une adaptation du roman de James McBride qui lui même s'était inspiré de faits réels. Le film a d'ailleurs été tourné sur les vrais lieux où se sont déroulés les évènements : la rivière, la montagne de la légende du dormeur, la place de l'église où ont été tués plus de 760 villageois (le massacre est une scène clé du film).

Extraits choisis :
Spike Lee : « Miracle À Santa Anna fait voler en éclat la mythologie hollywoodienne des films faits sur la Seconde Guerre Mondiale et qui sont tous un peu uniformes. »
« Je suis touché que vous perceviez un hommage au cinéma italien, car il y a un esprit assez proche des films néo-réalistes, notamment à travers le choix du personnage de l'enfant. Il s'agissait aussi de mesurer l'impact de la guerre sur un enfant. »
« J'ai rencontré un vétéran qui m'a dit que les soldats noirs de retour d’Europe espéraient être accueillis en héros ou du moins comme les autres soldats américains. A l'arrivée de leur bateau, pour débarquer il y avait une file pour les blancs et une autre pour les noirs. »

Spike Lee c'est un peu l'Inside Man du système, Deauville lui dit bravo.

Christophe Maulavé (Deauville, Le 11 Septembre 2008)

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