Hommages à Philippe Noiret

Dans le monde du cinéma, les réalisateurs qui ont pris plaisir à lui offrir de merveilleux rôles ont aussi souhaité lui rendre hommage. Jean-pierre Mocky salue « une des grandes figures du cinéma français, sans équivalent dans le cinéma d'aujourd'hui », il poursuit « c'est un départ très grave car pour le moment nous n'avons pas d'acteurs comme ça, de cette puissance, car il était à la fois comique quand il le voulait et il a joué aussi les grands auteurs. »
Bertrand Blier (Les Cotelettes) a, lui, défini Philippe Noiret comme un « homme généreux, très convivial et pas du tout star", il « était à la fois fin et élégant et en même temps massif. Il pouvait jouer des personnages complètement au premier degré et en même temps, des princes. »
Patrice Leconte (Les Grands Ducs) le qualifie de « baron du cinéma. Il avait un côté notable et derrière cette allure, il y avait des folies. »
Bertrand Tavernier (L'Horloger De Saint-paul, Que La Fête Commence) avoue : « J'ai passé mon temps à pleurer, je lui dois ma carrière. (…) Il a été tout le temps à mes côtés. C'était un homme libre dans ses choix, dans sa manière de travailler, dans son absence de préjugés », il conclut « c'était un seigneur, il était royal et je lui dois parmi mes plus belles émotions de metteur en scène et de spectateur. »

Philippe Noiret était aussi très connu en Italie, notamment pour le film Cinema Paradiso. Il a, en autres, tourné sous la direction de Mario Monicelli (Mes Chers Amis) qui lui témoigne aujourd’hui son affection : « C'était un acteur de grande qualité qui venait de la vieille école et du théâtre, et il fut un grand ami de l'Italie. C'était un vrai seigneur, toujours généreux. » Ornella Mutti, avec qui Philippe avait joué dans La Femme De Mes Amours se souvient : « Philippe était un grand acteur, une qualité que nous avons eue la chance d'apprécier en Italie. C'était un compagnon de travail incroyable, de grande classe, généreux, une personne délicieuse. ».

Suite à l’annonce de la mort du grand acteur français, Jacques Chirac s’est exprimé : « c'est un géant qui nous quitte, l'un des maîtres de la scène et de l'écran, l'une des figures les plus marquantes et les plus attachantes du théâtre et du cinéma. » Pour le Président, Philippe Noiret « incarnait l'exigence et l'excellence d'un art qu'il servait à merveille. Comédien d'exception formé a l'école de Jean Vilar, il avait travaillé avec les plus grands, imposant, dans le rire comme dans les larmes, une voix, un physique, une stature. » À sa suite, Dominique de Villepin a manifesté son admiration et sa tristesse : « à travers sa voix, son allure, son panache, Philippe Noiret a su saisir et exprimer quelque chose de l'âme française (...) Il manquera à tout les Français qui lui ont manifesté pendant plus de cinquante ans un attachement et une fidélité profonde » et Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture, a défini l’acteur comme « un immense figure du 7e art mais aussi l'un des acteurs les plus aimés et les plus respectés des Français". Martine Aubry, maire de Lille – ville de naissance de l’acteur – a affirmé : « une belle, grave, et aussi joyeuse voix du nord s'est tue » et Bertrand Delanoë, maire de Paris souligne qu’ « il laissera la trace d'un artiste élégant, mais aussi d'un homme de son temps dont le regard lucide inspirait un humour toujours en éveil. »

Pour découvrir ou redécouvrir – toujours avec le même plaisir – l’œuvre de ce grand artiste, les chaînes de télévision françaises se mobilisent et bousculent leurs programmes. TF1 diffusera Les Ripoux de Claude Zidi à 23h15. France 2 repassera ce vendredi à 22h35 une interview que le comédien avait accordée à Michel Drucker en juin 2003, lors d'un "Vivement dimanche" consacré à sa carrière ainsi que Coup De Torchon de Bertrand Tavernnier, mercredi 28 novembre à 22h40.

France 3 rediffusera samedi 25 novembre 23H00 un numéro du magazine "Les Feux de la rampe" où Philippe Noiret s'entretenait avec le journaliste et réalisateur Bernard Rapp puis consacrera la soirée du 26 novembre à l’acteur disparu en diffusant à 20h50 Le Vieux Fusil de Robert Enrico puis à 0h50, dans le « Cinéma de minuit », Patrick Brion passera Le Facteur de Michael Radford, où Philippe Noiret incarnait Pablo Neruda.

Un cortège d’hommage pour un grand acteur qui manque déjà au cinéma français.

M. B. (24 novembre 2006 – Avec AFP)

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