Hugh Grant, Alan Rickman et Laura Linney à Paris pour présenter LOVE ACTUALLY...

L’équipe de Love Actually, la nouvelle comédie britannique qui sort le 3 décembre sur nos écrans, s’est retrouvée mardi 18 novembre dans un hôtel parisien place Vendôme, pour une conférence de presse. Huit acteurs ont fait le déplacement avec le réalisateur Richard Curtis, dont Hugh Grant, Alan Rickman et Laura Linney. Leur mine était un peu fatiguée, mais cela n’a pas empêché le fameux humour anglais de fuser à travers la pièce, et de faire revivre l’ambiance complice et chaleureuse du film…



Hugh Grant, vous jouez le Premier ministre britannique dans le film : alors, quels sont les avantages et les inconvénients ?

Hugh Grant :
Il y a beaucoup trop de responsabilités, et puis il faut s’intéresser aux autres. Je ne m’intéresse qu’à moi-même, alors je profiterais certainement de la situation si j’étais Premier ministre ! A mes yeux, Caligula est la figure politique parfaite…

En quoi Love Actually est-elle une comédie romantique différente des autres ?

Richard Curtis :
C’est certainement la seule avec neuf histoires distinctes dans un même film.

Alan Rickman :
Je crois que celle-ci est drôle !

Martine Mccutcheon :
Il y a de la tristesse dans cette comédie, au lieu d’être 100% romantique, et je trouve ça bien. Elle montre différents types d’amour, avec plus de profondeur que les comédies classiques.

Hugh Grant :
L’amour est loin d’être la première priorité des Anglais. On aime d’abord les chiens, et boire de la bière, jouer au golf, gagner de l’argent. En France, on est désappointé si les personnages d’un film ne sont pas profondément amoureux ! Alors dans Love Actually, on a peut-être trouvé le bon compromis.

Laura Linney :
Ce film montre d’autres formes d’amour que l’on rencontre tous, l’amour familial, platonique… L’écriture de Curtis est un mélange de réalisme et d’humour. Dans le scénario, il y des histoires qui finissent bien et d’autres qui finissent mal, comme dans la vie.


Richard Curtis, vous vous êtes beaucoup attaché au thème des retrouvailles…

Richard Curtis :
Oui, la période de Noël est propice à cela. C’est une fête pendant laquelle on se sent presque obligé de laisser une chance à l’amour, peut-être la dernière.
La scène récurrente de retrouvailles à l’aéroport m’est venue un jour où je devais attendre une heure et demie dans un hall avant d’embarquer. Généralement, on cherche une seule personne des yeux et l’on repart avec elle. Mais là j’ai observé tous les gens autour de moi, qui s’embrassaient, se prenaient dans les bras. Cela m’a beaucoup ému et marqué.

Quels sont vos souvenirs de la semaine de tournage passée à Marseille ?

Richard Curtis :
C’était la meilleure ! Au lieu de rentrer chez nous à la fin de la journée, nous dînions tous ensemble. La nourriture était excellente, et l’ambiance aussi !

Hugh Grant, on vous voit toujours tenter de passer la bague au doigt d’une fille dans vos films. Seriez-vous le seigneur de l’Anneau ?!

Hugh Grant :
Je sais que je fais beaucoup trop de films romantiques. Mais j’ai besoin qu’il y ait des scènes d’humour dans mes films, sinon je suis un bien piètre acteur. Ce que j’aime le moins justement dans toutes ces comédies, c’est le côté romance.

Richard Curtis, pourquoi y a t-il autant de musique dans Love Actually ?

Richard Curtis :
La musique pop est celle que je préfère au monde, j’en écoute en permanence quand j’écris. C’est très important pour moi d’en imprégner le film, et c’est une des parts les plus intéressantes de mon travail de réalisateur.

Quelle est votre définition du romantisme britannique ?

Richard Curtis :
Je crois que cela n’a rien à voir avec le pays. Le film parle justement de toutes les formes d’amour possibles.

Alan Rickman :
Le romantisme britannique, c’est déjà faire l’amour sans ses chaussettes ! Et puis on s’est enfin éloigné de l’univers de Jane Austen, c’est bien.

Martine Mccutcheon :
Ce n’est pas une question de pays. Le romantisme est une chose personnelle, intime, difficile à définir…

Bill Nighy :
Je ne suis pas un expert dans ce domaine… Cela fait si longtemps ! Enfin il y a quelque chose de spécial chez les Anglais, une certaine gêne à parler d’amour, de sexe. D’ailleurs je ne sais même pas comment on arrive à se reproduire ! Heureusement le Royaume-Uni est un pays multiculturel…


Hugh Grant, l’idée de l’amour est-elle à vos yeux une source d’inspiration ou d’ennuis ?

D’ennuis ! L’amour aveugle, inconditionnel, ressemble à celui de Tony Blair pour George W. Bush…

Vous avez porté une attention particulière au casting, et tous les acteurs incarnent leurs personnages avec beaucoup de justesse…

Hugh Grant :
Non, je pense que Colin Firth n’est pas très bon !
[Il s’agit du deuxième film dans lequel ils jouent ensemble. Dans Le Journal De Bridget Jones, Colin Firth était son rival…]


… spécialement Thomas Sangster, qui joue le rôle du jeune Sam. Comment l’avez-vous recruté ?

Richard Curtis :
J’ai d’abord écumé les écoles d’art dramatique pour enfants, mais le résultat n’était pas concluant. C’est alors que je me suis rappelé ce petit garçon que j’avais vu une fois à la télé. C’est le seul enfant qui a pu exprimer les sentiments et la profondeur de l’amour. Sa relation avec Liam Neeson est une vraie performance.

Bill Nighy, quelles impressions gardez-vous de ce personnage de vieux rocker ringard qui tente un retour sur la scène musicale avec un remix épouvantable ?

Bill Nighy :
Je remercie Richard de m’avoir donné ces répliques bien grasses… J’ai eu beaucoup de chance, j’ai porté des pantalons moulants, des chaussures spectaculaires ! Je suis très reconnaissant d’avoir été entouré de filles superbes et de fausse neige pendant tout le tournage !


Propos recueillis par Diane Mahu – Paris, Novembre 2003

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