Impressions Cannoises : FAHRENHEIT 9/11 de Michael Moore

Nouveau film coup de poing de Michael Moore après Bowling For Columbine et premier choc de ce 57ème Festival, Fahrenheit 9/11 a été projeté hier sur la croisette – en avant-première mondiale –, où il concourt pour la Palme d’Or.
Ce n’est pas sans mal et en jouant des coudes que nous avons pu assister à la projection de presse cannoise, à la porte de laquelle sont restés plusieurs centaines de journalistes.

Dès les premières images du film, on retrouve le ton humoristique et satyrique bien connu de Moore. Il nous montre comment le président américain George W. Bush a été élu, puis ses occupations estivales durant les mois qui ont précédé le 11 septembre 2001. Montage de moments choisis, d’images parfois rares ou inédites et d’interventions de spécialistes, le film analyse et décortique la politique extérieure de Bush père puis – et surtout – de Bush fils ; le tout porté par les commentaires incisifs de Moore en voix-off.
Le cinéaste s’attèle ensuite à nous montrer précisément les relations entre les familles Bush et Ben Laden, et les intérêts financiers des Saoudiens aux Etats-Unis ; avant de découler naturellement sur les guerres en Afghanistan puis en Irak.
S’il bénéficie d’un travail documentaire exceptionnel, basé sur des recherches minutieuses et des exemples précis, on peut reprocher au cinéaste de vouloir trop en montrer, de s’éparpiller, ne pouvant du coup approfondir certains points qui l’auraient mérité. Il va en effet jusqu’à nous montrer des images de victimes irakiennes (dont femmes et enfants) des bombardements américains, ou cette mère éplorée d’un soldat américain tué en Irak… Images dont on ne voit pas forcément la nécessité, si ce n’est pour finir de nous convaincre de l’inutilité et de l’atrocité de l’action de Bush.
On reconnaîtra cependant unanimement le formidable travail de Moore qui ose dénoncer cette politique effrayante. Même qu’il ne changera pas le monde, ce documentaire a au moins le mérite d’être vu, de montrer et d’expliquer certaines aberrations du système américain et mondial.

Sortie de projection tout aussi mouvementée que l’entrée, où les quelques journalistes chanceux qui avaient pu voir le film ont eux-mêmes été assaillis par des dizaines de caméras en quête d’impressions "à chaud" sur ce qui apparaît comme le "film-choc" de ce 57ème Festival.

Amélie Chauvet (Cannes, 18 mai 2004)

=> Retrouvez la fiche complète de Fahrenheit 9/11
=> Retrouvez toutes les infos sur CANNES 2004

Vos avis sur cette actu

Exprimez-vous

A lire sur le même sujet

Remonter