Impressions Cannoises : SWIMMING POOL de François Ozon

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Un film de François Ozon, avec Charlotte Rampling, Ludivine Sagnier, Charles Dance


SYNOPSIS :

Une romancière britannique en panne d'inspiration rend visite à son éditeur dans sa villa du sud de la France. Elle y fait la connaissance de sa fille et noue avec elle une relation troublante.


IMPRESSIONS CANNOISES…

Découvert il y a cinq ans avec Sitcom qu’il présentait à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes, le jeune cinéaste François Ozon, 35 ans, internationalement connu depuis le succès de ses 8 Femmes, a présenté à Cannes dimanche 18 mai Swimming Pool, en Compétition Officielle.
Après avoir offert aux nombreux fans massés devant le palais une très belle montée des marches, l’équipe a rejoint les hauteurs de Cannes, à la Villa de Mai, où une soirée grandiose était organisée par France Télévision pour fêter la présentation du film.

Sarah Morton, auteur anglaise de polars à succès, se rend dans le Lubéron dans la maison de son éditeur pour se ressourcer et travailler à son nouveau roman. Mais Julie, la fille de l’éditeur, quelque peu effrontée, s’invite quelques jours…
Dans cette villa, à la fois rêvée et étrange, François Ozon installe, doucement, une ambiance curieuse et angoissante, jouant sur la lumière, les couleurs et une mise en scène minutieuse et réussie.
Evitant de tomber dans les clichés, le réalisateur joue pourtant constamment mais intellignement sur le stéréotype de la vieille fille et de la Lolita, respectivement interprétées par Charlotte Rampling et Ludivine Sagnier. Cette dernière est hallucinante de naturel dans ce rôle de composition où on la redécouvre totalement après la "gamine un peu garçon manqué" de 8 FEMMES.
Charlotte Rampling reste fidèle à elle même, magnifique dans la peau de cette écrivain frustrée. La comédienne retrouve ici un rôle très proche de celui qu’elle tenait dans SOUS LE SABLE.

Ozon manipule avec intelligence le spectateur, pour lui offrir une fin aussi inattendue que troublante… A découvrir pour redécouvrir le Ozon de SOUS LE SABLE, au style posé et intimiste.

Amélie Chauvet, Cannes 2003.


NOTES DU REALISATEUR :

Le point de départ du film…
Après l’expérience de 8 FEMMES, une de mes premières envies était de revenir vers un cinéma plus intimiste, plus simple, avec moins de personnages. J’ai naturellement souhiaté travailler avec des actrices que je connaissais déjà, et avec lesquelles les rapports seraient plus faciles. J’ai immédiatelemetn pensé à Charlotte Rampling, car SOUS LE SABLE fut pournous deux une très belle expérience.
A l’origine, le rôle de Ludivine était envisagé pour un garçon. Mais j’ai trouvé que ce serait à nouveau plus intéressant de traiter un rapport de femmes, d’autant que j’avais envie de creuser le type de relation qu’entretenaient Gaby (Catherine Deneuve) et Louise (Emannuelle Béart) dans 8 FEMMES.

Tourner en Anglais…
À partir du moment où je parle d’une écrivain anglaise et que je choisi Charlotte Rampling pour la jouer, il me semblait naturel qu’elle parle en anglais. Et puis cela m’amusait d’essayer de diriger des acteurs en anglais, parce que c’est une langue que je ne maîtrise pas complètement. Et puis, il y avait le jeu sur la langue, j’ai d’abord écrit le scénario en français, puis je l’ai fait traduire. Le passage vers l’anglais a fait évoluer le scénario, car il y avait des subtilités en français qui ne passaient absolument pas en anglais. Il a fallu retrouver des équivalences qui ne correspondaient pas forcément à ma manière de dire dans le premier scénario.

La musique…
D’habitude, je demande au musicien d’intervenir en fin de montage. Cette fois-ci, comme il s’agissait d’un livre qui est en train de s’écrire, je me suis dit que ce serait intéressant de lui donner le scénario afin que sa musique puisse laisser deviner ce que le livre va raconter.
La mélodie du film est au départ très morcelée, on n’a que quelques notes. Le thème véritable se dessine progressivement. Je voulais aussi qu’il soit joué avec des instruments différents tout au long du film pour accompagner le passage d’un genre à l’auteur : la chronique, le polar, la confrontation psychologique, le portrait d’une femme, d’un écrivain.

La piscine…
Chacun peut voir dans la piscine le symbole qu’il veut. J’ai pour ma part souvent filmé l’eau, mais plus souvent l’océan que j’associais à la désinhibition, ou à une certaine angoisse. Ici la piscine m’intéresse pour son côté plastique, mais aussi pour l’aspect "enfermement" de l’eau.
Une piscine, contrairement à l’océan, est quelque chose de façonnable, de maîtrisable. Ici, la piscine est l’espace de Julie. Elle est comme un écran de cinéma, sur lequel on projette des choses et sur lequel un personnage pénètre. Sarah Morton met beaucoup de temps à rentrer dans cette piscine : elle ne peut le faire que lorsque Julie devient son inspiration, et lorsque la piscine est enfin propre.


NOTES DES COMEDIENNES :

Au départ…
Charlotte Rampling : "François Ozon m’a présenté SWIMMING POOL un peu comme il m’a présenté SOUS LE SABLE. Nous nous sommes rencontrés et avons discuté du sujet avant que François n’ait écrit quoi que ce soit. Il m’a demandé mon avis sur le projet et nous avons parlé ensemble. Puis il est parti écrire, en revenant me solliciter régulièrement. Cela a duré ainsi pendant quater mois. Et puis nous avons tourné le film !"

Ludivine Sagnier : "Depuis la sortie de 8 FEMMES, François Ozon et moi ne nos sommes pas vraiment quittés, puisque nous avons fait la promotion du fi ensemble. Je le sentais déjà en création de quelque chose d’autre, et il m’a proposé le rôle assez vite, après en avoir parlé à Charlotte Rampling. C’est la première fois qu’il ne m’a pas demandé de passer d’essais, ce qui m’a beaucoup flattée."

Ludivine Sagnier…
Charlotte Rampling : "Ludivine est une actrice pleine de grâce ; elle est ouverte et généreuse. Nous nous sommes entendues de très belle façon. Contrairement à beaucoup d’autres actrices, Ludivine ne s’invente pas d’obstacle et aborde son travail de façon très frontale, en dominant ses angoisses et en prenant des risques."

Charlotte Rampling …
Ludivine Sagnier : "Le travail avec Charlotte Rampling s’est fait assez naturellement. J’avais l’impression qu’elle faisait partie de la famille, parce qu’elle avait déjà travaillé avec François dans SOUS LE SABLE. Elle a été aussi très encourageante avec moi. Charlotte est une femme qui aborde le travail cinématographique de manière assez calme et détendue. Notre complicité s’est faite aussi par rapporte à la langue anglaise. Sur le plateau, même si tout le monde comprenait l’anglais, les seules à le parler étaient Charlotte et moi. C’était comme une sorte de "dialecte" que l’on partageait toutes les deux et c’est aussi ce qui a chargé notre intimité."


FICHE ARTISTIQUE :

Charlotte Rampling : Sarah Morton
Ludivine Sagnier : Julie
Charles Dance : John Bosload
Marc Fayolle : Marcel
Jean-Marie Lamour : Franck
Mireille Mossé : La fille de Marcel
Michel Fau : Homme 1
Jean-Claude Lecas : Homme 2
Emilie Gavois Kahn : Serveuse café
Erarde Forestali : Vieil homme
Lauren Farrow : Julia
Sébastien Harcombe : Terry Long
Frances Cuka : Lectrice métro
Keith Yeates : Le père de Sarah
Tricia Aileen : Secrétaire de John Bosload
Glen Davies : Barman


FICHE TECHNIQUE :

Réalisation : François Ozon
Scénario : François Ozon et Emmanuèle Bernheim.
Produit par : Olivier Delbosc et Marc Missonnier (Fidélité Productions)
Directeur de la photographie : Yorick Le Saux
Musique : Philippe Rombi
Ingénieur du son : Lucien Blibar
Créatrice de costumes : Pascaline Chavanne
Chef maquilleuse : Gill Robillard
Chef coiffeuse : Myriam Roger
Décorateur : Wouter Zoon
Directrice de production : Christine de Jekel
Casting : Entoinette Boulat
Premier assistant réalistauer : Antoine Garceau
Photographe : Max Hureau
Chef monteuse : Monica Coleman
Mixeur : Jean-Pierre Laforce


L'AVIS DE LA PRESSE :

Studio Magazine :
" Deux femmes et une piscine. Il n’en faut pas plus au brillant François Ozon pour réussir un film formidablement inriguant et terriblement chaud, (…).Ozon s’amuse avec un genre (le murder mystery à l’anglaise) et prend un plaisir jubilatoire à faire du cinéma, à jouer avec ses icônes, à en évoquer les mythes et les classiques. "
Patrick Fabre (article entier disponible dans Studio Magazine n°189, page 32)

CinéLive:
" Un duel au soleil chargé d’électricité, superbement arbitré par un Ozon sur le fil du rasoir. Charlotte Rampling, arachnéenne, et Ludivine Sagnier, sirène, assurent un match de très haute volée. "
Philippe Paumier (article entier disponible dans Cinélive n°68, page 60)

Première :
" Si François Ozon adore depuis ses débuts les fictions interlopes où les personnages affrontent leurs fantasmes et leurs doubles, le minimalisme en huis clos et la sobriété stylistique lui vont définitivement bien au teint. Soutenu admirablement par ses deux comédiennes, Swimming Pool obéit à une rigueur totale qui métamorphose un script intelligemment cérébral en film envoûtant. "
Olivier de Bruyn (article entier disponible dans Première n°315, page 50.)

Les Cahiers du cinéma :
" Le film, construit sur le principe de la révélation finale, autodétruit la maigre portée de son message sur les méandres tortueux et un brin fumeux de la création littéraire. Dans cette aventure, une seule bonne idée est à mettre au crédit du film, pour ce qui est de déterminer les frontières entre la réalité et son fantasme : l’utilisation des boules Quiès par l’écrivain, donnée comme une coupure face à une réalité trop agressive (les bruits du plaisir sexuel) quand il s’agit d’un repli dans les silences du réel pour conjurer ses fantasmes. "
Charles Tesson (article entier disponible dans Les cahiers du cinéma n°579, page 48).


(Le 20 mai 2003)

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