Iron man 3 dans les bacs : Interviews exclusives de Shane Black et Ben Kingsley (Vidéos)

jeudi 29 août 2013 - 12:04 | Showbizz
À l'occasion de la sortie imminente du troisième opus des aventures de l'Homme de fer en DVD et Blu-Ray, plongez dans les coulisses du film grâce à deux interviews exclusives du réalisateur Shane Black et de l'interprète du Mandarin, "Sir" Ben Kingsley.


Shane Black est un scénariste avant d'être un réalisateur. Il est ainsi à l'origine des scénarios des quatre opus de L'Arme Fatale et du Dernier Samaritain. Il passe à la réalisation avec Shane Black'S Kiss Kiss Bang Bang qui remporte un franc succès et est présenté Hors Compétition au Festival de Cannes 2005. Il erre ensuite pendant plusieurs années pour revenir en force avec Iron Man 3 qui aura la destinée que l'on connaît et réalisera le meilleur démarrage de l'année, en dépassant Avengers.


Retranscription et traduction en français de l'Interview :

Vous n'aviez pas diriger de grosse production depuis un moment, Shane Black'S Kiss Kiss Bang Bang en 2005 en fait, pourquoi êtes vous resté plutôt discret tout ce temps et en quoi Iron Man vous a fait revenir sur ce type de projet?
J'aimerais pouvoir dire que cette discrétion était un phénomène réfléchi, j'avais des projets, mais c'est juste qu'ils n'ont pas aboutis. Vous savez, j'en avais un avec Mel Gibson qui est tombé à l'eau, et j'étais en train d'écrire quelque chose quand Robert m'a contacté pour Iron Man 3. Je sentais que ça allait se faire, j'avais déjà flirté avec Iron Man et parlé avec Jon (Favreau, ndlr) et Robert (Downey Jr., ndlr) de ce projet et ça s'est vite mis en place parce que les deadlines de Marvel pour les dates de sorties sont vraiment implacables, gravées dans le marbre, que les films doivent être faits. Et la chance de pouvoir réaliser un film Iron Man - à part le fait que j'ai acheté mon premier comic Iron Man quand j'avais quatre ans en 1966 - c'était surtout d'avoir le feu vert pour un nouveau long-métrage et ça c'était très alléchant. Et le fait de devoir être à la hauteur après Jon Favreau et ses deux premiers Iron Man était aussi un challenge. Il y avait des tas de challenge, et beaucoup à y gagner, et de plus j'en avais franchement marre de ne plus me bouger le derrière !

Ce sont de bonnes raisons. Quand vous écrivez un film que vous allez également réaliser et que vous avez des idées un peu farfelues, est-ce qu'une partie de vous se dit "attend, ça va être très super dur à réaliser, je ne veux pas le faire" ou est-ce que vous préférez ne pas y penser ? Etes-vous d'abord un scénariste et ensuite un réalisateur ou l'inverse ?
Je pense qu'il faut d'abord penser en tant que scénariste, parce qu'on m'a en quelque sorte mâché le travail tout au long du film en termes d'effets visuels et ce que les gens sont capables de faire est tellement remarquable qu'il y a des moments où un acteur va voler dans les airs et vous êtes là : "est-ce que c'est Robert qui vient de faire ça ?" mais ce n'est même pas lui, c'est une animation, une création digitale, on peut réellement créer des acteurs digitaux de nos jours. Vous pouvez faire ce que vous voulez, donc je ne laisse jamais cet aspect être un obstacle. Je voulais surtout écrire une histoire qui soit assez unique pour générer un troisième film et pas juste un épisode de plus, il fallait vraiment qu'on sente que le film avait sa place ici. Et donc on a du inventer des intrigues, des éléments qui devaient justifier l'attention du spectateur, qui devait sentir que les personnages avait logiquement suivi un chemin en adéquation avec ce qui s'était passé avant mais aussi le surprendre avec la trame la plus impressionnante possible, afin que le public pense que le troisième est le plus impressionnant. D'ailleurs je crois que c'est le plus long des trois films.

Je trouve que c'est un très bon film et vraiment dans votre style, que j'ai beaucoup aimé, c'est différent des précédents.
C'est très gentil de penser ça.

Vous avez travaillé avec Kevin Feige (le producteur et président de Marvel, ndlr) qui a une vue d'ensemble de l'univers des films Marvel et doit toujours réfléchir au prochain film, ou même les cinq ou dix prochains films, et qui doit toujours penser en avant. Est-ce qu'il vous a déjà dit tu ne peux pas faire ça parce que ça va arriver dans tel ou tel film ou tu ne peux pas révéler cette information parce que c'est un spoiler ?
Il y a de cela avec Marvel, on doit rester fidèle à un format pré-planifié, mais étonnamment, et de leur mérite, ils ne nous ont pas tant limité que cela. Ils inventent tout cela en même temps que le projet avance, également. Une de choses qu'il m'a dit quand on a commencé à tourner c'était "écoute, Avengers a rapporté beaucoup d'argent mais on ne veut pas faire la même chose, on va faire autre chose, quelque chose avec ce Iron man, faisons de lui un personnage vraiment central qui s'intéresse moins aux aliens, mais davantage au monde réel." Ils n'étaient pas obligés de me dire cela, ils auraient pu juste penser à l'argent, à la poule aux oeufs d'or, mais ça n'a pas été le cas. Et je pense qu'on peut les féliciter pour ça.

C'est super cool ce qu'ils font, ils ne pensent pas qu'à l'argent qu'ils peuvent se faire mais aussi à la qualité du film et au final, ils gagnent réellement de l'argent parce que les gens veulent le voir
Oui et ils arrivent à jongler entre toutes les balles et à garder ces créations assez vivantes pour que le public reste intéressé et il l'est vraiment. Je ne sais pas si j'aimerais avoir leur boulot, ils doivent enchaîner les films, ils font trois films par an. Maintenant que j'ai fini, ils vont retourner sur la production de Captain America qui a commencé la semaine dernière.

Jon Favreau, qui a réalisé les deux premiers opus, était sur le tournage alors que vous étiez en train de réaliser le troisième, et il y tient un rôle important, comment c'était de l'avoir sur le plateau ?
Je ne savais pas à quoi m'attendre avec Favreau, je me demandais si ça allait être bizarre de voir quelqu'un assis sur la chaise du directeur alors que lui est seulement acteur. Mais en fait ça a été très facile, il n'aurait pas pu être plus courtois. C'est un type très sympa, il m'a donné des astuces et des conseils, c'était amusant, il a rendu les choses faciles, il est venu sur le tournage et a apporté une certaine sérénité, en assurant à tout le monde que ça allait bien se passer, et ça a été le cas, c'était formidable.


Ben Kingsley a été révélé dans le rôle de Gandhi en 1982, pour lequel il a obtenu l'Oscar du meilleur acteur. Il est aussi connu pour souvent interpréter les méchants au cinéma. C'est le cas dans Iron Man 3 où il joue Le Mandarin, un terroriste mégalomane qui va menacer Tony Stark et ses proches pour conquérir le Monde.



Retranscription et traduction en français de l'Interview :

Le Mandarin est un type très effrayant, et réellement le terroriste absolu, il y a évidemment beaucoup de terroristes auxquels on peut penser et je me demandais si vous vous étiez inspiré d'un en particulier ?
Je pense que l'essence de sa performance devant la caméra que j'ai dû trouver est le sens de cette justesse, et en temps qu'acteur, j'adore les séquences documentaires, je suis fasciné par les documentaires mais ce que je veux dire c'est que je n'ai pas forcément regarder de vidéos de terroristes, je les vois quand je regarde les informations comme tout le monde, mais je n'en ai pas regardé spécialement pour le film. Par contre, j'ai visionné des séquences qui datent des années 1930 dans lesquelles vous pouvez voir que ces personnes qui récitent un discours atroce empli d'absurdités politiques ont complètement conscience de leur justesse et de leur façon d'être juste, leur destin est d'être juste, leur sens du destin est juste, leur carte du monde, leur monde, tout cela est imprégné de ce sens dément d'une droiture, d'une justesse qui leur donne une tranquillité et une autorité, et j'ai du m'inspirer de cela pour le Mandarin dans le but de montrer qu'il donne l'impression qu'il comprend et croit chaque mot qu'il prononce dans ces enregistrements à visée politique. Je crois que c'est le dénominateur commun à toutes les personnes que nous appellerions des terroristes, qui malheureusement sont présents depuis très longtemps dans notre monde.

Il a en effet une foi indubitable en sa propre justesse. Serait-il présomptueux de dire que vous n'étiez pas un grand fan de comic books en grandissant ?
Pas du tout. J'étais plus Dan Dare, The Eagle, ce genre de trucs, les comics britanniques. Mais Kevin Feige m'a montré un magnifique portfolio des illustrations des comics Marvel et j'adore les couleurs primaires, leur utilisation, elles sont vraiment surprenantes et racontent tout de suite une histoire - chaque case raconte une histoire instantanément et les dialogues accompagnent les visuels, le graphisme est très précis, très délicat, légèrement stylisé et hier j'ai appris que cette méthode s'appele "Quatre couleurs". Seulement quatre couleurs sont utilisées pour réaliser ces comics et j'ai remarqué sur le plateau et sur les costumes, qu'il y a quelque chose de ces "Quatre couleurs", ce sont vraiment les couleurs primaires, et quand je regarde le poster derrière vous, il n'y a pas beaucoup de couleurs en fait, on peut y compter pas plus de quatre ou cinq couleurs de base et c'était la même chose sur le plateau. Donc ça vous encourage à penser en - quel est le mot - "quatre couleurs", avec des lignes simples, condensées, ce qui les rend compactes, instantanées, frappantes et accrocheuses, et j'adore ça vous savez, c'est un environnement très excitant dans lequel travailler.

Aussi incroyable que soit le film, il a toujours un fond basé sur la vie réelle et la réalité. Dans le comic, Le Mandarin est un peu plus fantaisiste, il utilise une technologie extra-terrestre, et il est un maître des arts martiaux, en quelque sorte. Je me demandais si vous étiez content du rôle qui vous a été présenté ou si vous auriez aimé qu'il soit un peu plus bagarreur peut-être ?
Je pense que les comics Marvel essaient d'être pertinents sans être prétentieux ou maladroits et c'est beaucoup mieux car aujourd'hui la menace ne vient pas de personnes qui se bagarrent et qui donne des coups, mais de personnes manipulatrices à un niveau très dangereux. Et cet aspect manipulateur est celui que je trouve le plus intéressant à jouer, et très proche de la réalité.

L'origine ethnique du Mandarin est volontairement très vague, et je pense que c'est peut-être pour ne pas offenser de communauté ou ne pas éloigner les marchés étranges mais souvent les méchants sont joués par des britanniques et personne ne s'inquiète de savoir si ça nous dérange.. Est-ce qu'on est le seul pays que l'on ne risque vraiment pas de choquer ou est-ce qu'on aime avoir l'opportunité de jouer les méchants ?
Je ne sais pas si c'était un moyen de ne pas offenser de communauté, je pense que c'est un moyen de dire que parfois un terroriste de chez nous, une voix de chez nous est plus déroutant. Représenter une voix occidentale qui s'adresse à un public occidental de la destruction de leur icône est peut-être plus menaçant que d'avoir une voix d'Alien parce qu'on peut révoquer cette voix : "ils ne comprennent pas, ils ne connaissent pas notre manière de vivre". Mais entendre une voix qui vient de notre propre culture et qui essaie pourtant de la détruire, je pense que c'est beaucoup plus effrayant et donc que, en ce sens, ils ont choisi le moyen le plus dangereux et le plus pertinent d'expression.
Les britanniques sont supers parce qu'ils sont tout le temps à l'heure et ils connaissent leur texte.

C'est bien, il faut respecter ça. Vous avez une variété impressionnante de projets à venir - du drame historique à de la science-fiction, en passant par une épopée biblique -, est-ce que vous choisissez délibérément des projets très différents ou est-ce que vous acceptez simplement ceux que vous ne pouvez pas refusez ?
Ah non ce n'est pas du tout un plan délibéré, c'est le chaos ! Vous savez les scénarios arrivent de l'univers dans un ordre chaotique, et soit je les reconnais soit non, si je me dis "ah te voilà !", alors c'est formidable quand j'avance dans la lecture et que le script fait ressortir quelque chose en moi que je ne connaissais pas et qui était en train de frapper à la porte en disant "laisse moi sortir, laisse moi sortir", alors je choisis celui-ci.


C'est quoi l'histoire d'Iron Man 3 déjà ?
Tony Stark, l’industriel flamboyant qui est aussi Iron Man, est confronté cette fois à un ennemi qui va attaquer sur tous les fronts. Lorsque son univers personnel est détruit, Stark se lance dans une quête acharnée pour retrouver les coupables. Plus que jamais, son courage va être mis à l’épreuve, à chaque instant. Dos au mur, il ne peut plus compter que sur ses inventions, son ingéniosité, et son instinct pour protéger ses proches. Alors qu’il se jette dans la bataille, Stark va enfin découvrir la réponse à la question qui le hante secrètement depuis si longtemps : est-ce l’homme qui fait le costume ou bien le costume qui fait l’homme ?



Dans les bacs le 30 août.

=> Toutes les infos sur Iron Man 3

Marie Devier (29 août 2013)

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