Khaled Al-Haguar sur la sellette

Le dernier film de l’Egyptien Khaled Al-Haguar, Les Amours Des Filles devrait représenter son pays au Festival International d’Alexandrie, début septembre. Le directeur de l’Association des critiques de cinéma, Mamdouh Al-Laythi, l’a sélectionné, avec 14 autres long-métrages, pour la compétition officielle.

Le hic, c’est que la presse d’opposition veut boycotter le cinéaste. Elle l’accuse de promouvoir la normalisation avec Israël. C’est la précédente oeuvre d’Al-Haguar Une Barriere Nous Separe (tourné en 1993) qui est mise en cause. Il y raconte l’histoire d’amour impossible entre un jeune Egyptien et une juive britannique. On lui reproche, entre autres, de montrer le héros mettant une kipa afin de se recueillir sur la tombe de la mère de sa dulcinée.

Le réalisateur affirme que "Toutes ces critiques ne reposent sur rien, car le film ne porte pas sur la normalisation, mais sur une relation humaine entre un homme et une femme que tout sépare, la religion, la nationalité et les traditions». Il a aussi rappelé que son héroïne était Britannique et non Israélienne. Il se défend de montrer la supériorité des sionistes sur les Arabes intellectuellement, comme il en a été accusé par le journal Al-Ahrar.

Un comité syndical, présidé par Sayyed Radi devrait se réunir pour visionner le long-métrage et déterminer si les règles interdisant tout lien avec Israël ont été respectées. Bien que l'Egypte ait été le premier pays arabe à signer la paix avec l’état hébreux, en 1979, les relations entre artistes et intellectuels des deux patries sont quasi nulles.

La polémique qui entoure Khaled Al-Haguar n'est pas une première. Un autre metteur en scène, Hossam Eddine Moustafa, avait été interrogé par la police et menacé d'expulsion du syndicat pour s'être rendu sur le territoire israélien. Ali Salem, un dramaturge favorable à la normalisation, a pour sa part été exclu de la fédération.

Le nouveau film raconte l'histoire de trois demi-sœurs, jouées par les vedettes Laïla Eloui, Hanane Turk et Hana Chiha. Elles sont nées du même père mais pas des mêmes mères. Elles ne se connaissent donc pas jusqu’au jour où leur géniteur meurt. Pour qu’elles puissent toucher l’héritage, elles sont contraintes de passer toute une année dans la maison familiale. Khaled Al-Haguar a été l’assistant de Youssef Chahine (Adieu Bonaparte).

M.C.M. avec AFP (29 août 2003)

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