Kusturica : Le génie de l’absurde s’invite brillamment sur la Croisette

De toute la pléiade de réalisateurs talentueux en compétition, c’est peut-être le plus atypique. Et parmi les chouchous de la Croisette (Tarantino, les Frères Coen, Gus Van Sant, etc.), c’est sûrement celui qui collectionne le plus de prix cannois sur sa cheminée (deux Palmes d’Or, prix de la Mise en scène). Cannes : Emir Kusturica connaît bien.

Serait-ce la raison de la présentation tardive (le samedi 26 mai) de son Promets-le Moi au festival ? Aurait-on gardé le meilleur pour la fin ?
Ben il y a de grandes chances mes amis !
Kusturica est là… et dans toute sa splendeur. Fans du réalisateur serbe (et néophytes, qui auront tout à gagner à le découvrir), apprêtez-vous à renouveler vos vœux d’amour pour un cinéaste décidément bien à part.

Comme toujours, le point de départ est simple : une jeune garçon part à la ville après avoir promis à son grand-père de se trouver un femme.
Et comme toujours, ça part très vite en vrille. La scène d’ouverture (avec un papy inventeur incroyable) donne le ton et on ne peut que s’en réjouir dans la seconde. C’est décalé, absurde, hilarant, endiablé ; C’est coloré, racé, enlevé par une bande son de génie, … C’est vrai, on use et abuse de ces adjectifs chaque fois qu’on évoque le (toujours excellent) travail de Kusturica. Pourtant, que dire de plus d’un film emblématique du meilleur du cinéaste : à la fois cohérent et audacieusement barré ?

Rien que de penser que Promets-le Moi n’a pas encore de date de sortie française, on en a mal au ventre…
N’empêche : difficile de ne pas être dithyrambique en sortant de la salle après la vision d’un tel pavé dans la mare cinématographique bien pensante.

Le film finit sur une jolie réplique : « Mes amis, ça ressemble à une provocation. ». C’est vrai. Mais mes amis, ça ressemble surtout à un vrai moment de bonheur cinéphile !

Eléonore Guerra (Cannes, le 26 mai 2007)

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