L’Ami de la famille : Un deuxième film italien présenté en Compétition

Le réalisateur et acteur italien Paolo Sorrentino semble être un chouchou du festival de Cannes : son deuxième film, Les Conséquences De L'Amour était déjà présenté en Sélection Officielle en 2004, et il est, en tant qu’acteur, à l’affiche du Caïman de Morreti où il interprète le petit rôle du mari d’Aidra dans Cataractes.
Son troisième long-métrage en tant que réalisateur, L'Ami De La Famille est donc lui aussi présenté en compétition officielle. S’il n’avait qu’à moitié convaincu avec son premier film, ce deuxième essai ne semble guère plus concluant. Il mélange allègrement les genres et les styles pour arriver à un humour parfois burlesque, souvent absurde. Vaguement inspiré du cinéma de l’absurde italien de la grande époque fellinienne, ce film part un peu dans tous les sens sans vraiment trouver son but. Il devrait certes séduire un public d’amateurs d’expériences cinématographiques originales, mais il ennuiera malheureusement profondément les autres. Dommage.

Il est toujours intéressant d’entendre un réalisateur défendre son film, d’autant plus lorsqu’on n’a pas spécialement accroché à son œuvre. C’est en effet une très bonne occasion de mieux comprendre sa démarche, ses idées…
C’est d’ailleurs en nous expliquant d’où lui est venue l’idée du film que Paolo Sorrentino a commencé sa conférence de presse : « J’ai observé des voisins, des personnes âgées qui vivent en parfaite harmonie. Je suis parti de cette simple observation pour écrire ce scénario, puis ai chois ce personnage d’usurier qui entretien de drôles de relations avec sa mère et avec l’argent. »
« J’ai pensé à Fellini pour faire ce film, à un certain visage de Fellini, à son aptitude à décrire très vite des personnages comiques et tragiques. La seule différence, c’est que lui pouvait faire ça en deux scènes, moi il me faut un film entier… »
Le réalisateur a également expliqué la présence de personnages très décalés dans son film, comme ce cow-boy incarné par Fabrizio Bentivoglio : « J’aime mettre dans mes films des personnages hors contexte, et là, je n’ai pas trouvé autre chose que de mettre un cow-boy dans cette région d’Italie. Le personnage de Bentivoglio est mélancolique. Or, la culture de la country s’adapte bien à cette mélancolie ; mais il faut savoir que ce cow-boy s’intéresse plus à sa quête d’amour qu’à la country. »
Au fait, Paolo Sorrentino est finalement peu connu en France, mais quelle est sa place dans le cinéma italien d’aujourd’hui ? « Bonne j’espère ! Je suis en excellente compagnie dans le cinéma italien contemporain, aux côtés notamment de Morreti… C’est intéressant que l’on fasse des films en Italie qui ne trahissent pas le cinéma tout en faisant des expériences nouvelles. On essaie d’ailleurs parfois de faire des coups plutôt que des films. »

Amélie Chauvet (Cannes, le 25 mai 2006)

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