La compétition nous emmène à la découverte des cinémas du monde…

Qui a dit qu’il n’y avait que des films américains…. Et français ??? Sûrement pas vous, internaute chéri en passe de devenir festivalier en chef grâce à votre site préféré…. En l’espace de deux jours sur la Croisette, on vous a fait découvrir des films américains et français certes, mais aussi un film roumain, un chinois, un anglais, un coréen… et un russe ! Vous allez vraiment finir cinéphile, car je vous présente la nouvelle œuvre de la sélection cannoise, présentée ce vendredi en compétition officielle : Le Bannissement, second long-métrage du cinéaste russe Andrei Zvyagintsev après Le Retour en 2003… Durée du film : 2h30. Bon d’accord, vous allez m’dire que vu d’ici, ça n’a pas l’air terrible terrible mon histoire… et que vous préféreriez courir après Jake Gyllenhaal et Mark Ruffalo sur la Croisette. Qu’à cela ne tienne, je vous emmène, pas l’choix !!! Et bien à l’image de l’œuvre roumaine d’hier – ne me dites pas que vous avez déjà oublié le poignant 4 Mois, 3 Semaines Et 2 Jours ??? -, Le Bannissement est le genre de film que l’on a peu de chance d’aller voir en dehors de Cannes et qui vaut le détour.
Pour commencer en beauté, on découvre que Le Retour, premier film du cinéaste, a reçu il y a 4 ans le Lion d’Or du festival de Venise… Voilà qui est plutôt alléchant, non ? Et l’on n’est aucunement déçu par ce nouveau long-métrage, un drame familial dur et saisissant. Si le début peut sembler long et déroutant, la suite recèle une grande force dramatique. Une fois encore, le cinéaste nous propose une image très travaillée, composée, qui se substitue parfois presque aux dialogues. Des thèmes douloureux du film de Cristian Mungiu sont ici également abordés (grossesse indésirable, avortement illégal), mais sous un angle différent. Et si l’on ne comprend pas l’intérêt de certaines scènes comme les dernières avec le frère, Mark, les 2h30 du film passent finalement assez bien et l’on sort de la salle un peu remué.
Après son Lion d'Or à Venise, ce réalisateur Russe a su s'imposer comme un grand cinéaste international, alors qu'il était surtout connu dans son pays pour avoir signé de nombreuses séries télévisées à succès.... Un beau revers artistique !

Un cru cannois qui s’annonce donc douloureux, au sens positif du terme puisque c’est avec des sujets graves que les réalisateurs nous offrent des films réussis. Espérons néanmoins retrouver un peu plus de sourires avec la suite de la compétition…. Et ce peut être dès demain avec le premier film français de la compétition officielle, Les Chansons D'Amour de Christophe Honoré qui ouvrira le bal de ce 3ème jour de festivités.

Amélie Chauvet (17 mai 2007)

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