Le cinéma français se distingue

Avec la projection des très attendus Swimming Pool et Les Triplettes De Belleville dimanche, le cinéma français attend dorénavant son heure de gloire cannoise avec espoir. Compte-rendu de la journée d'hier et programme de ce lundi.

Ozon et Chomet séduisent…

Hier, la France s'est distinguée lors de la projection des films Swimming Pool et Les Triplettes De Belleville.

Présenté en compétition, le nouvel opus, en anglais, de François Ozon a été accueilli avec enthousiasme à l'issue de la projection de presse. Le cinéaste, qui avait déjà présenté deux films, Robe D’ete et Sitcom, à la Semaine de la Critique, lors de précédentes éditions, n'est pas peu fier d'avoir surpris les spectateurs. "Le cinéma, ce n'est que manipulation. Je l'assume, je joue avec, a-t-il confié, amusé, à l'AFP. Au cinéma, j'aime bien qu'on m'amène dans des endroits où je ne m'attends pas à aller".
Si, 16 ans après le triomphe de Maurice Pialat, tous les espoirs sont permis avec ce polar hypnotique, deuxième des cinq films hexagonaux en compétition, François Ozon a déjà la tête ailleurs. Il a, en effet, débuté le tournage de son prochain film 5x2, une histoire d'amour mettant en scène le couple Valeria Bruni Tedeschi-Stéphane Freiss. Et Hollywood lui fait même les yeux doux. L'aventure US le tente ? "Pour l'instant je ne suis pas pressé, explique-t-il (…)mais j'aimerais bien essayer au moins une fois, s'il y a un projet qui m'intéresse. Je ne cherche pas les gros budgets, les stars à tout prix. J'aime bien la simplicité. "

Présenté quant à lui hors compétition et en lice pour la caméra d'or, le film d'animation loufoque Les Triplettes De Belleville a fait grande impression. Ce genre cinématographique semble avoir les faveurs de la Croisette depuis quelques années. On se rappelle les succès de Shrek et de Spirit, présentés ces deux dernières années. Le dernier film d'animation hexagonal présent à Cannes remonte à 30 ans avec La Planète Sauvage de René Laloux, qui avait d'ailleurs remporté le prix spécial du jury.

Côté américain, le drame expérimental de Gus Van Sant Elephant a divisé la Croisette par son aspect radical et sa dose de mystère. "C'est le manque d'explication qui donne sa beauté et son énergie au cinéma", expliquait le réalisateur à ce sujet. Il s'agit du premier film polémique de la compétition. On verra si le jury y sera sensible.


Le Tour du Monde en 80 jours de Jackie Chan passe par Cannes

Dimanche après-midi, l'acteur chinois est venu présenter entre deux prises le prochain film réalisé par Franck Coraci dont il est la vedette, Le Tour Du Monde En 80 Jours. Actuellement en tournage, cette libre adaptation de l'oeuvre de Jules Verne, compte également parmi ses rangs l'actrice belge Cécile de France. "Enfant, je rêvais grâce à Jules Verne. Jamais, je n'aurais pu imaginer interpréter un jour l'un de ses personnages" a-t-elle confié.
La sortie sur nos écrans est prévue au premier semestre 2004.

Un vent de techno souffle sur la Croisette

Le duo mystérieux Daft Punk est venu présenter hors-compétition son techno manga avec Leiji Matsumoto, le père d'Albator.
Les "pontes de la French Touch" ont collaboré au scénario et se sont attelés à la bande-son de ce dessin animé intitulé Intestella 5555 (sortie en salle le 28 mai).
Projeté en avant-première mondiale dans le cadre d'une spéciale de la Quinzaine des Réalisateurs, le film évoque les aventures d'un groupe techno poursuivi par des forces du mal. Selon l'un des deux trublions, Guy-Manuel de Homem, "Intestella 5555 est la rencontre entre deux générations et deux cultures".


Le chaud brésilien et le froid danois au programme de ce lundi

Le film brésilien Carandiru aura fort à faire face au très attendu Dogville du Danois Lars von Trier, déjà trois primé au festival.

Carandiru plongera les festivaliers dans l'univers carcéral. Le réalisateur du film, Hector Babenco, connaît bien Cannes dans la mesure où il y a été en compétition en 1985 avec Le Baiser De La Femme Araignée et qu'il a fait partie du jury quatre ans après.

Lars Von Trier, accompagné de son équipe, Nicole Kidman en tête, viendra montrer Dogville, film à mi-chemin entre cinéma et théâtre. Le réalisateur a pour particularité d'avoir présenté tous ses films au Festival de Cannes depuis le premier The Element Of Crime en 1984… et d'y avoir gagné les trois récompenses prestigieuses que sont le Prix du Jury avec Europa en 1991, le Grand Prix avec Breaking The Waves en 1991 et enfin la Palme d'Or avec Dancer In The Dark il y a 3 ans.

Egalement au menu de cette journée :

- Un certain regard :
Struggle de Ruth Mader, Japanese Story de Sue Brooks et Stormy Weather, film français de Solveig Anspach.

- Semaine de la critique :
Reconstruction de Christopher Boe

- Quinzaine des réalisateurs :
Le Silence De La Forêt de Didier Ouénagaré et Bassek Ba Kobhio, Las Horas Del Dia de Jaime Rosales et Pas De Repos Pour Les Braves du Français Alain Guiraudie.

V.B. avec AFP (19 mai 2003)

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