Le décès de Peter Ustinov, ''monstre sacré''

Peter Usrtinov est décédé dimanche 28 mars 2004 en Suisse à l’âge de 82 ans, après une longue carrière couronnée par deux Oscars et un rôle d’ambassadeur au service de l’Unicef.

Des débuts prometteurs

Né le 16 avril 1921 à Londres, d’une mère de souche française et d’un père d’origine russe titulaire d’un passeport allemand, Peter Ustinov n’a que 17 ans quand il interprète des sketches comiques au cabaret londonien. Il enchaîne au théâtre avec « Crime et châtiment », puis met en scène les pièces qu’il écrit.
Pendant la seconde guerre mondiale, acteur de cinéma et réalisateur, Ustinov s’engage dans l’armée britannique, comme soldat de 2e classe. Il reste quatre ans sous les drapeaux.
Scénariste, réalisateur et interprète de plusieurs longs-métrages comiques comme Romanoff Et Juliette ou d’aventures tel Billy Bud, Ustinov démontre par son jeu que « le beau pur, comme le bien absolu, n’existent pas ».

Un acteur polyglotte au registre éclectique

Acteur polyglotte au registre éclectique, il répond dans les années 50 aux sirènes d’Hollywood sans pour autant dédaigner les superproductions européennes. Néron pittoresque dans Quo Vadis (Mervin Leroy), il est autant à son aise dans La Cuisine Des Anges (Michael Curtiz) qu’au cœur de l’arène de Spartacus (Stanley Kubrick), rôle pour lequel il obtiendra l’oscar du meilleur second rôle. Implacable M. Loyal, il exhibe Martine Carol dans Lola Montès (Max Ophuls).
En 1964, Peter Ustinov, le bandit de Topkapi (Jules Dassin), décroche un autre Oscar. Londres, Rome, Paris réclament l’acteur-réalisateur (Lady L 1965, Memed My Hawk 1988) mais aussi l’auteur de théâtre (Comme De Mal Entendu 1985).
En 1977, il est à bord d’Un Taxi Mauve (Yves Boisset) et se livre à une Enquête À L'Italienne de Stefano Vanzina Steno, avant d’enchaîner en 1978 avec Mort Sur Le Nil d’après Agatha Christie. Savoureux dans le rôle d’Hercule Poirot, Peter Ustinov a joué également Le Roi Lear ou incarné Mirabeau dans La Révolution Française de Robert Enrico en 1989.
Auteur de plusieurs romans dont « Désinformateur », scénariste et récitant d’ouvrages musicaux, Peter Ustinov se révèle en 1993 dans Lorenzo’s Oil un bouleversant neurologue.

Un homme engagé

Peter Ustinov était domicilié depuis de nombreuses années sur les bords du lac Léman et était depuis 1968 ambassadeur de bonne volonté du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).
Doté d’un grand nombre de décorations, Peter Ustinov occupait depuis 1989 le fauteuil d’Orson Welles à l’Académie des Beaux-Arts de Paris. Il avait été également anobli par la reine Elisabeth II en 1990. Mais ce titre ne changeait rien à ses opinions et l'acteur avait gardé son franc-parler. Il avait ainsi vivement critiqué l'engagement de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.
Il avait reçu en janvier dernier le Prix d’honneur 2004 du film bavarois pour l’ensemble de sa carrière, mais son état de santé l’avait empêché de se rendre à la cérémonie. Son dernier rôle est dans Luther en 2003, un film américain sur le réformateur allemand.

A.G. (30 mars 2004 – Avec AFP)

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