Les difficultés de Claude Lelouch avec son dernier film

Le dernier film de Claude Lelouch, Le Genre Humain - Première Partie : Les Parisiens, n’a pas suscité l’engouement des critiques. Depuis Les Misérables, pour lequel Annie Girardot avait remporté le César du meilleur second rôle, les oeuvres du réalisateur sont généralement boudées par les critiques et le public. Son activité ne ralentit pas pour autant. En dix ans, il a tourné huit films.

La « guerre » de Lelouch contre les critiques

Depuis son premier jour de sortie, les phrases assassines sur Les Parisiens fourmillent dans les articles de journaux. Libération le qualifie de « pathétique », Le Monde parle de « film indigeste ». L’Express ne fait pas dans la demi-mesure en écrivant dans ces colonnes : « L'avantage, quand on a touché le fond, c'est qu'on ne peut que remonter.»

Claude Lelouch estime que le très mauvais démarrage de son film (16 653 spectateurs pour sa première journée d’exploitation) est dû au « déchaînement médiatique » contre son long-métrage, et même, contre sa personne. Il faut noter néanmoins que son film n’a été présenté que deux jours avant sa sortie en projection presse, Lelouch souhaitant ainsi se préserver des critiques.
L'échec commercial cuisant des PARISIENS lui est insupportable. En réaction, le cinéaste a décidé d’offrir une séance gratuite vendredi 17 septembre dans les 400 salles où son film est projeté. L’initiative est financée par la société du réalisateur : les FILMS 13. Ces entrées seront comptabilisées dans le box-office. Lelouch a déclaré à l’AFP qu’il voulait appeler par cette opération le public à «être un arbitre entre (lui) et la critique». Cette décision a été décidée solennellement par le réalisateur qui a précisé : « J’attends le verdict.(…) Si ce soir, le public considère que le film est aussi mauvais que les critiques l’ont dit, je me retirerai comme un bon joueur ».

L’accueil chaleureux du public

Claude Lelouch a été très applaudi lors de ces fameuses projections gratuite de vendredi soir. Dans un des cinémas parisiens où il était venu accompagner son film, la salle était comble et les spectateurs déçus étaient rares. Jeunes et moins jeunes ont fait part de leur plaisir à regarder le film. Les jugements négatifs ont aussi été nuancés comme pour ne pas blesser encore plus le réalisateur. Une femme a ainsi affirmé que le film était « un peu bric-à-brac » mais que « le début était touchant ».
Reste à savoir si cette opération, qui a coûté environ 150 000 euros, pourra motiver les spectateurs à aller voir le film les jours d’après, en payant. Le réalisateur ne s’avance pas énormément pour l’instant : « le bouche à oreille est quelque chose de très long à se mettre en place. (…) Je voudrais attendre cette semaine pour que l’on se prononce, » a-t-il expliqué à l’AFP, tirant finalement les leçons de cette aventure : « Quarante films en quarante ans, (…) il y a peut-être un ras-le-bol, (…) et c’est peut-être logique qu’ils en aient marre que je leur raconte les mêmes histoires. »

S. Y. (20 septembre 2004 – Avec AFP)

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