Les journalistes aboient, James Gray passe… en beauté

Qué pasà sur la Croisette ?
Sifflets et quolibets pendant le générique de fin, conférence de presse désertée (beaucoup de journalistes ont déjà plié bagages), … Décidément, James Gray s'en prend plein la tête.
On lui souhaite pourtant bien meilleure fortune ce soir à la présentation officielle de La Nuit Nous Appartient. On le lui souhaite vraiment sincèrement parce que nous, on est encore une fois tombés dans le panneau de réalisateur de Little Odessa.

Avec son histoire de frères ennemis-amis, de flics, de drogue et de mafia, celui qui avait enflammé la critique avec son excellentissime The Yards nous ressert un film noir comme on les aime.
Un scénar nerveux sur la mafia russe, mis en valeur par un remarquable sens du cadrage et de la photo de Gray : la tension est palpable. Pire, elle suinte de l'écran. Violence et terreur psychologique sont au menu messieurs dames.

Alors, oui, c'est vrai, La Nuit Nous Appartient n'est pas The Yards (diable, ce serait énorme !). Oui, le film avance des valeurs « positives » (police et famille) qui feront grincer certaines dents. Mais peut-on vraiment s'en étonner d'un cinéma américain qui n'en finit décidément pas de panser ses plaies post-11 septembre 2001 (le film se passe à New York) et désespérément en quête de héros ?

Qu'importe, le film reste formellement au-dessus de beaucoup, beaucoup d'autres. James Gray ? Le polar peut définitivement compter sur ce nom.

Eléonore Guerra (Cannes, le 25 mai 2007)

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