Les Oscars à J-2

Les jeux sont-ils vraiment faits ?

Alors que Le Secret De Brokeback Mountain d’Ang Lee est largement annoncé comme le favori aux Oscars (avec huit nominations), on chuchote qu’il serait en fait tout sauf assuré de sortir vainqueur de la grande fête du cinéma, dimanche soir à Hollywood. Un « effet de lassitude » pourrait, en effet jouer en sa défaveur et profiter à son principal concurrent : Collision de Paul Haggis. Le sentiment général serait que Le Secret De Brokeback Mountain aurait déjà « tout gagné » ces derniers mois, des Golden Globes aux prix des syndicats professionnels de Hollywood. Résultat, la romance tragique entre deux cow-boys homosexuels commence à lasser la profession.
Collision pourrait ainsi créer la surprise et Le Secret De Brokeback Mountain pourrait presque tout perdre malgré ses huit nominations.

Des Oscars engagés ?

La 78ème cérémonie des Oscars présente cette année une cohorte de films « à message » qui, selon certains,
pourrait reléguer au second plan le glamour et les paillettes de ce grand rendez-vous annuel du cinéma. On compte en effet parmi les favoris de la sélection des thématiques aussi variées que politiquement engagées : l’homosexualité pour Le Secret De Brokeback Mountain, du taïwanais Ang Lee, le combat engagé du journaliste Ed Murrow contre le maccarthysme avec Good Night And Good Luck de George Clooney, les rivalités multiraciales liées aux difficultés de vie à Los Angeles dans Collision de Paul Haggis, le conflit israélo-palestinien dans Munich de Steven Spielberg ou encore les agissements scandaleux des multinationales de l’industrie pharmaceutique dans The Constant Gardener de Fernando Meirelles.

On annonce pourtant une cérémonie « scandaleusement chic et mode ». L’époque glamour de l’âge d’or d’Hollywood est ainsi de retour sur le tapis rouge : décolletés affolants, kilomètres de soie et dizaines de millions de dollars de diamants…
Loin de l’atmosphère lourde de 2003, au début de la guerre en Irak, la tendance est à la fête sans arrière-pensées, alors que près des trois quarts des acteurs et des actrices nommés le sont pour la première fois et que nombre d’entre eux ont seulement entre vingt et trente ans. Comme toujours à Hollywood, le paradoxe est là.

Les favoris 2006 :

Le Secret De Brokeback Mountain : huit nominations (film, réalisateur, acteur, acteur dans un second rôle, actrice dans un second rôle, adaptation, photographie et musique originale)
Collision : six nominations (film, réalisateur, acteur dans un second rôle, montage, chanson originale, scénario original)
Good Night And Good Luck : six nominations (film, réalisateur, acteur, décors, photographie, scénario original)
Truman Capote : cinq nominations (film, réalisateur, acteur, actrice dans un second rôle, adaptation)
Munich : cinq nominations (film, réalisateur, montage, adaptation, musique originale)
Walk The Line : cinq nominations (acteur, actrice, costumes, montage, son)
The Constant Gardener : quatre nominations (actrice dans un second rôle, montage, adaptation, musique originale)

Cocorico aux Oscars 2006

Le cinéma français se présente en force aux Oscars 2006 avec trois films sélectionnés : Joyeux Noël dans la catégorie du meilleur film étranger et La Marche De L'Empereur ainsi que Le Cauchemar De Darwin
pour l’Oscar du meilleur documentaire.
Joyeux Noël de Christophe Carion raconte l’émouvante trêve de Noël 1914 entre soldats français, britanniques et allemands et pourrait être le dixième film français aux Oscars depuis leur création. Le film devra pour cela battre ses concurrents palestinien (Paradise Now), sud-africain (Totsi), italien (La Bestia Nel Cuore) et allemand (Sophie Scholl – Les Derniers Jours). Une telle récompense serait un coup de pouce parfait pour le film de Carion qui sort aujourd’hui outre-Atlantique.
Pour La Marche De L'Empereur, un Oscar serait la cerise sur un gâteau déjà très beau : le documentaire de Luc Jacquet, relatant la vie des manchots empereurs, a déjà séduit 16 millions de spectateurs à travers le monde et est devenu en 2005 le plus gros succès commercial français sur le sol américain.
Enfin, troisième chance française aux Oscars, Le Cauchemar De Darwin de l’autrichien Hubert Sauper est en fait une coproduction européenne. Il dénonce la destruction de l’écosystème du lac Victoria en Afrique tropicale nourrissant indirectement la corruption et le trafic d’armes dans les pays limitrophes.

Cette forte présence de la France à la cérémonie des Oscars a suscité la satisfaction des autorités de Paris, le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, y voyant « une nouvelle preuve de la vitalité du cinéma français ».

Oscar qui ?

Les célèbres statuettes décernées dimanche ont vu le jour en 1929, deux ans après la création, en 1927, de l’Académie des Arts et des Sciences du Cinéma par Louis Mayer, patron de la Metro-Goldwyn-Mayer. Conçues par le directeur artistique Cedric Gibbons et dessinées par sculpteur George Stanley, les statuettes sont faites en britannium (un alliage d’étain, de cuivre et d’antimoine) et plaquées de cuivre, de nickel, d’argent et d’or 24 carats. Fabriquées par l’entreprise R.S. Owens de Chicago, leur coût est estimé à environ 18 000 dollars pièce.
Si 24 récompenses seront décernées dimanche soir, l’Académie en a prévu le double pour faire face à la possibilité de récipiendaires multiples, notamment les producteurs du meilleur film.
Pourquoi « Oscar » ? Le nom officiel est « Academy Award Merit », mais le prix a vite été rebaptisé « Oscar ». Plusieurs légendes courent concernant l’origine de ce patronyme. La plus célèbre l’attribuerait à une secrétaire de l’Académie qui, estimant que la statuette ressemblait à son oncle Oscar, la baptisa affectueusement ainsi. Le nom, repris par un journaliste en 1931, est depuis resté.

E.G. (3 mars 2006 - Avec AFP)

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