Lundi 4 septembre : Venise devient mystique et Bobby fait la surprise

Après un week-end riche en surprises et éprouvant, pas de repos pour les braves car le réveil sonne après quelques heures de sommeil pour aller découvrir The Wicker Man de Neil Labute. Mal m'en a pris, c'est en fait un remake très ésotérique et un peu inutile. Les plaisanteries les plus courtes étant les meilleures, voilà pour faire court : Nicolas Cage arrive dans une étrange communauté matriarcale pour retrouver une petite fille que tout le monde nie avoir connu.

Pour continuer dans le mysticisme, c'est le moment d'aller voir The Fountain de Darren Aronofsky avec Rachel Weisz, depuis le temps qu'on en entend parler. Une attente un peu craintive au vu du sujet, quelque chose du style "un home cherche une fontaine de jouvence pour essayer de sauver la femme qu'il aime, sur environ mille ans". C'est le genre de pari casse-gueule qui passe ou pas, et c'est rien de dire que le film a beaucoup dérouté les spectateurs. The Fountain est d'une beauté étonnante, c'est comme une sorte de voyage émotionnel et psychédélique. Ce long-métrage se révèle comme une parabole vieille comme le monde, c'est l'amour absolu et triste, incompréhensible pour certains et magnifique pour d'autres.

Mais la surprise du jour vient d'un film dont on ne savait pas grand chose et qui a séduit bien du monde. J'ai retrouvé une place près du jury ! Pour la petite anecdote, la présidente Catherine Deneuve est rayonnante tout de blanc vêtue, et Cameron Crowe lui a été impressionné par le dvd de Lady Vengeance de son collègue Park Chan-wook.
La projection de Bobby de Emilio Estevez commence. Un film qui utilise dans sa b.o. la chanson "The track of my tears" de Smokey Robinson and The Miracles ne peut que monter dans mon estime. Un film choral avec que des stars d'Hollywood, pas de personnage principal mais un groupe d'individus (qui ne se croisent pas tous) dans un hôtel. Le sénateur Robert Fitzgérald Kennedy est en campagne présidentielle, juste avant son assassinat en 1968. Chacun des protagonistes a ses doutes, des drames ou des conflits, à noter une scène étonnante entre Sharon Stone et Demi Moore avec un dialogue à double sens. Deux heures après, la salle est conquise et moi aussi.

Et si le meilleur film post-11 septembre se déroulait en 1968 ? Il y a un Bobby Kennedy qui parle de mettre fin à la guerre (du Vietnam), fin au racisme, de limiter la pollution. A la fin on entend "trop souvent nous cédons à la vengeance et à l'usage de la force, la violence entraîne la violence…". Bobby est présenté en version work in progress, mais ce film est déjà la meilleure chose de la journée.

Je pars en expédition touristique dans Venise, si je ne suis pas perdu, à demain avec Benoit Jacquot, Johnnie To et Mamoru Oshii !



Christophe Maulavé, alias Il bellissimo giornalista (Venise, le 5 septembre 2006)















© photos Isabelle Vautier, alias Il photographe fantastica

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