Même la pluie, le cinéma équitable (test DVD)

mardi 21 juin 2011 - 16:29 | Showbizz
Sebastian (Gael Garcia Bernal), jeune réalisateur Espagnol, n’a qu’une obsession, faire son grand film historique et humaniste sur Christophe Colomb. Daniel (Juan Carlos Aduviri), paysan anonyme Bolivien, n’a lui qu’un rêve, apporter l’eau courante à son village et à sa famille. Au milieu de la forêt tourmentée et de la révolte de tout un peuple démuni, les trajectoires de ces deux hommes vont se télescoper sous le regard désabusé de Costa (Luis Tosar), le producteur de Sebastian. Ouvrez les yeux avec Même La Pluie



La Guerre de l’eau en Cinémascope

2000. La ville de Cochabamba en Bolivie est la proie des terribles émeutes de La Guerre de l’eau opposant la population au gouvernement en place souhaitant privatiser à prix d’or l’accès à l’eau courante. C’est dans ce contexte troublé que débarque naïvement une équipe de tournage européenne bien décidée à mettre en images sa fable historique sur l’oppression espagnole des peuples indigènes dès le XVème siècle. Complètement coupé des réalités actuelles et bercé de sentimentalisme bobo, le staff de Sebastian et Costa se plait rapidement à croire aux grandes phrases d’un Bartolomé de las Casas, gonflé d’une innocente et inconsciente suffisance privilégiée. Le choc des cultures (incarné par le charismatique Daniel) n’en sera que plus violent…



Un spectateur en triple immersion

On ne pourra reprocher à Iciar Bollain (qui s’offre les services de Paul Laverty, scénariste attitré de Ken Loach qu’elle a d’ailleurs rencontré sur Land And Freedom) un manque d’ambition. Ainsi, pour mieux illustrer sa critique d’une certaine élite moraliste mais insensible, la réalisatrice n’hésite pas à entremêler pas moins de trois films aussi différents que complémentaires. Le spectateur se voit, en effet, simultanément plongé dans un conflit socio-politique, un film d’époque et dans les coulisses d’un tournage.
L’exercice n’est certes pas sans accro (la cinéaste - la prise de conscience chevillée à la caméra - reste vissée à son sujet, glissant parfois vers une certaine forme de manichéisme), cependant, il a le mérite de faire mouche. Les époques et les styles (filmés avec adresse) se répondent alors, tendant implacablement à confronter les protagonistes (Costa en tête) à leurs propres contradictions… jusqu’à leur rédemption.
Un film simple, efficace… et nécessaire.



Le DVD

Le DVD suit la même logique de simplicité que le long-métrage. Peut-être un peu trop d’ailleurs. Ainsi, aux côtés d’un film correctement compressé, on ne trouvera que quelques scènes coupées (mettant en exergue les douloureuses – mais nécessaires – coupes de personnages… bye bye Najwa Nimri) et un making-of faisant très étrangement écho au making-of fictif du film de Sebastian. La boucle est bouclée.

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Eléonore Guerra (21 Juin 2011)

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