Michael Moore : Même votre pire ennemi a le droit d’être soigné

L’arrivée est légèrement étonnante puisque – loin du trublion habituel – on découvre un Michael Moore grave, voire tendu, clairement soucieux de l’avalanche de problèmes juridiques que la sortie de Sicko a violemment engendrée.
Tendu, mais présent. Moore le showman a-t-il disparu ? Que Nenni, on le retrouvera bien vite au cours de la conférence de presse.
Une rencontre dense… et franche.

La Crise de Cuba

Il y a quelques jours, on apprenait que l'administration Bush avait ouvert une enquête sur les circonstances du déplacement de Moore en février dernier dans l'île castriste, accompagné d'une dizaine de secouristes souffrant apparemment de troubles à la suite des travaux de déblaiement sur le site new-yorkais des attaques du 11 septembre 2001.
Il lui est en effet reproché d'avoir ignoré l'embargo instauré par
Washington et qui frappe le régime de Castro depuis plus de 45 ans. Cet embargo interdit aux citoyens américains de dépenser de l'argent à Cuba et donc implicitement d'y séjourner.

Le réalisateur semble encore sous le choc de l’ampleur qu’a pris l’affaire (dont un premier verdict devrait tomber mardi) et en profite pour balayer subtilement toute accusation d’un éventuel coup de pub de sa part. « Je ne sais pas comment ils ont eu leurs informations. (…) Pourquoi le Gouvernement Bush fait-il cela 10 jours avant Cannes ? Je ne sais pas. (…) Je fais ce que je peux en tant que cinéaste, mais aucun réalisateur ne devrait entendre parler de ‘’prison’’ » lâche finalement l’homme aux trois compagnies d’assurance.

Plus posé… Moins drôle ?

Si Moore apparaît tout d’abord tendu et légèrement accablé, il n’en perd toutefois pas son sens de l’humour : « Vous savez, je suis plutôt maigre pour quelqu’un du Middle West » ou encore « On pourrait faire un festival de documentaires anti-moi ».
Une chose est sûre, le projet lui tient à cœur. Est-ce un documentaire à charge ? Oui, assurément. « Je voulais faire un film différent. Je veux que les choses changent et je crois les américains suffisamment intelligents pour comprendre que Sicko n’est pas un film de propagande, mais qu’ils verront la situation de détresse extrême que vivent des millions de leurs compatriotes.
Même votre pire ennemi devrait avoir le droit d’être soigné.
»
Ça a le mérite d’être clair…

Eléonore Guerra (Cannes le 19 Mai 2007)

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