Michel Constantin, une «gueule» s’est éteinte

Le cinéma français est encore en deuil. À peine une semaine après le décès de Piéral, c’est une autre «gueule» qui s’est éteinte le 29 août. Michel Constantin, 79 ans, est mort à l’hôpital de Draguignan (Var), où il avait été admis il y a quelques semaines.

Né le 13 juillet 1924, de père russe et de mère polonaise, Constantin Hokloff s’est souvent illustré dans des rôles de brutes au grand cœur. Il est d’abord ouvrier à la régie Renault puis, après la libération, il monte une affaire de fabrication d’aiguilles à tricoter. C’est lorsqu’il est journaliste à L’équipe qu’il découvre le volley ball. 1,85 mètre et 85 kilos lui permettent de devenir, en quelques mois, international et capitaine de l’équipe de France.

Michel Constantin fait son entrée dans les salles obscures grâce à Jean Becker. Le cinéaste l’a repéré sur les terrains de volley. Il cherche des visages hors du commun pour son nouveau film. Le comédien se retrouve donc dans Le Trou, en 1959. Il lui faut trois années pour s’imposer. Son physique impressionnant finit par séduire les plus grands réalisateurs.

Robert Enrico (Les Grandes Gueules), Georges Lautner (Ne Nous Fâchons Pas, La Valise), Jean-Pierre Melville (Le Deuxième Souffle) ou encore José Giovanni (La Scoumoune) font régulièrement appel à lui. En 1984, il incarne un des protagonistes dans Les Morfalous d’Henri Verneuil. Deux ans auparavant, il participait à Deux Heures Moins Le Quart Avant Jesus-christ de Jean Yanne. Constantin a aussi été le héros de la série télévisée Paparoff.

Depuis les années 80, celui qui campait surtout des rôles de policiers ou de gangsters s’était retiré des écrans. Il vivait à Grimaud, non loin de St Tropez. Le ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, a rendu hommage à cet acteur populaire et talentueux.

M.C.M. (01 septembre 2003)

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