Mommy : Xavier Dolan bouleverse la Croisette

vendredi 23 mai 2014 - 12:31 | Showbizz
Après un premier film sur une douloureuse relation entre une mère et son fils adolescent, le jeune Montréalais Xavier Dolan offre à la figure maternelle une superbe absolution dans son cinquième long-métrage, Mommy, drame familial qui a fait chavirer Cannes.

"C'est le film dont je suis le plus fier", confie à l'AFP le prodige québécois, qui concourt pour la première fois pour la Palme d'or. A 25 ans, il serait le deuxième plus jeune réalisateur à recevoir cette distinction après le Français Louis Malle, récompensé en 1956 à 23 ans avec Jean-Jacques Cousteau pour le documentaire Le Monde Du Silence.

Les critiques élogieuses qui ont accueilli Mommy à Cannes autorisent Xavier Dolan à nourrir de grands espoirs pour le palmarès rendu samedi soir. En 2009, J'Ai Tué Ma Mère, qui avait décroché trois prix à la Quinzaine des réalisateurs, abordait déjà le thème du rapport fils/mère. Mais avec Mommy, "ce n'est pas la même histoire", a assuré dans un entretien à l'AFP le benjamin de la compétition officielle cette année.
"J'Ai Tué Ma Mère était mon film le plus personnel, c'est ma vie, mon histoire, Mommy non". "J'Ai Tué Ma Mère, c'est une crise d'adolescence. Ici on parle de gens qui s'aiment profondément mais dont l'amour est mis à l'épreuve par la vie elle-même, par la maladie et par le système qui les ostracise", souligne-t-il.

Veuve depuis trois ans, Diane (Anne Dorval, J'Ai Tué Ma Mère, Les Amours Imaginaires) a des mèches, s'habille très moulant ou très court, parle comme un charretier et adore son fils Steve (Antoine Olivier Pilon), un adolescent blond bipolaire, impulsif et violent. Elle hérite de sa garde après son expulsion d'un centre correctionnel, où il a déclenché un incendie qui a grièvement blessé une autre pensionnaire.

"Le film dont je suis le plus fier"

La directrice fait miroiter à Diane un avenir sombre pour son fils, capable de passer sans crier gare du rire enfantin à la colère démoniaque: "C'est pas parce qu'on aime quelqu'un qu'on peut le sauver", prévient-elle. "Les sceptiques seront confondus", rétorque Diane, mère courage bien décidée à mener cette bataille pour un fils qui l'aime aussi passionnément. Elle se voit venir en aide par une mystérieuse voisine bègue et introvertie, Kyla (l'autre égérie de Dolan Suzanne Clément, déjà présente dans Laurence Anyways), avec laquelle "Die" et son garçon finissent par former un heureux trio qui leur permet, un temps, de retrouver l'espoir...

On retrouve dans Mommy la "patte" de Xavier Dolan: un film émouvant, drôle et coloré, au plus près de ses personnages, une mise en scène et une lumières très maîtrisées, des plans parfois tournés au ralenti, accompagnés d'une bande son très présente - Dido, Oasis, Céline Dion, Counting Crows - à la manière d'un clip vidéo.

Nouveauté: le tournage en format 1:1, qui place sur l'écran le film dans un carré parfait. Xavier Dolan avait déjà tenté cette expérience avec le clip du groupe français Indochine, "College Boy" - dans lequel jouait Antoine Olivier Pilon, Steve dans Mommy. Ce format façon Instagram "met le personnage au centre du regard du spectateur, les distractions horizontales sont coupées", fait valoir le cinéaste.

A présent, le réalisateur, également scénariste, monteur et acteur, compte prendre une pause. "Je n'ai plus d'énergie. Je ne suis pas juste crevé de la nuit dernière, mais des cinq ans que je viens de passer à faire des films. Je retourne à l'université pour étudier l'histoire de l'art et suivre des études germaniques". Il confesse malgré tout avoir déjà écrit le scénario d'un nouveau film, en anglais cette fois, intitulé "La vie et la mort de John Donovan".

(re)Découvrez un extrait de Mommy :


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(23 Mai 2014 - Relax News)



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