Mother and Child, sortez les mouchoirs (test DVD)

jeudi 7 avril 2011 - 09:58 | Showbizz
Un film qui touche la corde sensible

Grand Prix du Festival de Deauville en 2010, Mother And Child est un drame touchant sur la maternité en ce qu’elle peut avoir de plus tragique.

Dans les grandes lignes, on retrouve trois femmes aux destins liés.
Karen (Annette Bening), hantée par le souvenir de l’enfant qu’elle a abandonné à l’âge de quatorze ans. Incapable de vivre une vie épanouie tant elle entretient un dialogue imaginaire constant avec sa fille absente.
Elizabeth (Naomi Watts), jeune avocate brillante, solitaire et... enfant abandonné. Elle cherche de manière quasi refoulée sa mère tout en se heurtant à son propre chemin vers la maternité.
Lucy (Kerry Washington), stérile, dont le souhait le plus cher est d’avoir un enfant. Malgré la difficulté que représente le processus d’adoption et la gestion d’un mari réfractaire à l’idée, elle s’y jette à bras-le-corps.

Le thème de la relation mère-enfant est un sujet risqué tant il a été vu et revu et de prime abord Mother And Child tend vers le mélodrame familial. Or, ces portraits croisés de femmes (ce qui rappelle la touche d'Alejandro González Inárritu, ici producteur) pour qui la maternité est plus une lutte qu’un processus naturel, sont assez captivants.
Sans tomber dans le moralisme ou le déballage excessif de sentiments, on retrouve des chemins de vie présentés de manière pudique, sans pour autant effacer les aspects cruels liés à l’impossibilité d’être mère ou encore le refus de l’être. Rodrigo Garcia offre une histoire, certes basée sur quelques clichés (la mère culpabilisée, la fille et sa brillante carrière, la femme de couleur qui élève son enfant seule) et au montage peu rythmé, mais dont le fond est vendeur et sait toucher le point sensible en chacun de nous.

La puissance du film tient aux actrices dont l’interprétation est pleine de réalisme, la palme allant à Annette Bening. Le personnage de Karen, cette femme froide et amère, presque antipathique tant elle se borne à rejeter et mépriser le monde entier, nous surprend lorsqu’elle vient à se dévoiler.
Seul petit hic, et c’est peut-être ce qui enlève l’once de réalisme à ce film, les destins se croisent et s’unissent dans un dénouement tout ce qu’il y a de plus « gros » ( la jeune Lucy, voisine de Karen, adopte l’enfant d’Elizabeth… un peu trop facile non ?).
Si l’on fait abstraction de ces petits tours bénis du destin, le film est porteur d’un message qui mérite d’être entendu et qui se laisse regarder, arrivant même à nous soutirer quelques larmes.



Un DVD sobre

Le support DVD est assez simple et sobre dans son ensemble. La présentation est dans le ton avec des couleurs pastel sur fond de douce balade musicale (un peu agaçante à la longue). Pour décorer le tout, des photos et de courts extraits du film apparaissent en continu pour nous montrer encore et toujours ces femmes, objet central du long-métrage.
L’interface en elle-même est tout ce qu’il y a de plus basique avec quatre catégories : Film, Versions, Chapitre, Bonus. Pas d’esbroufe, on va droit au but, le sujet reste sérieux et il n’y a pas à surcharger le contenu.
Les bonus sont néanmoins un peu décevants. Quelques scènes coupées qui n’apportent pas beaucoup plus à ce que l’on pouvait imaginer sur le déroulement de l’histoire (on sait tous que Karen et son ancien amour de jeunesse ont dû parler ensemble du passé avant de fricoter à nouveau, tout comme Lucy et la jeune fille enceinte qui ont forcément appris à faire connaissance).
Pour sa part, le making-of offre un point de vue intéressant sur les actrices, leur jeu et ce qui les a conduit à accepter le rôle. Elles n’entament pas pour autant un débat plus profond sur le sujet, ce qui peut être regrettable car on pouvait s’attendre à les voir parler de leurs expériences personnelles.
Enfin en ce qui concerne les versions disponibles pour le visionnage, il est évident que l’on préfèrera regarder le film en version originale. En effet, quitte à titiller la glande lacrymale, autant y aller à fond, et rien ne vaut les véritables émotions dégagées par les actrices.

=> Toutes les infos sur Mother and Child

Mélissa Mari (7 Avril 2011)

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