Mulholland Drive : vous n’avez pas compris le film ? On vous l’explique !

mardi 20 juin 2017 - 12:49 | Showbizz
Mulholland Drive, le film culte de David Lynch sorti en 2001 avec Naomi Watts et Laura Harring, était diffusé hier soir sur Arte, pour le plus grand plaisir de nos méninges. Que vous découvriez ce chef d’œuvre pour la première fois ou que vous le revoyiez pour la 100ème, beaucoup d’interrogations ont du vous tourmenter au sortir de ces 2H27 de voyage cinématographique.



Si David Lynch a toujours refusé d’admettre qu’une seule explication était valable pour comprendre Mulholland Drive, prix de la mise en scène du 54ème Festival de Cannes, nous avons néanmoins notre théorie, qui nous permet d’aborder cette oeuvre d’une façon différente, et ainsi d’admirer le travail d’orfèvre de ce cinéaste de génie.

Pour commencer, nous vous rappelons que Mulholland Drive suit le parcours de Betty (Naomi Watts), une jeune femme fraîchement débarquée à L.A. dans le but de devenir actrice, qui rencontre Rita (Laura Harring), une mystérieuse inconnue, devenue amnésique après un accident de voiture. Les deux femmes décident alors d’enquêter ensemble pour découvrir la véritable identité de Rita.

Los Angeles, entre rêve et réalité

Si vous avez vu le film, ça ne vous aura pas échappé que Mulholland Drive traite avant tout du rêve et de l’illusion, à l’épreuve de la réalité. Bonne nouvelle : c’est tout ce dont vous avez besoin pour comprendre le film !

Pour que l’explication soit la plus claire possible, il est important de saisir que Mulholland Drive est divisé en deux parties : le rêve et la réalité. À l’image des deux protagonistes qui partagent deux identités, le film en lui-même a également deux faces, et elles étaient présentes, juste sous vos yeux.

Rêve VS réalité



Toute la première partie du film est en réalité le rêve de Diane Selwyn (Naomi Watts), une jeune femme qui n’a pas réussi à accomplir sa destinée, celle de devenir une célèbre actrice, et qui s’évade donc dans son sommeil, en s’imaginant dans la peau d’une jeune femme pleine de talent (Betty) à qui tout sourit. Diane Selwyn était amoureuse de Camilla Rhodes (Laura Harring) et n’a pas supportée d’être rejetée et humiliée par cette dernière. Elle a donc décidé de faire appel à un tueur à gages pour l’éliminer (on peut imaginer que la scène s’est déroulée comme celle de l’introduction, à la différence près que Camilla est morte) et a fini par se suicider, rongée par les remords.

Dans son rêve, Camilla prend l’apparence de Rita, cette jeune femme amnésique, et donc totalement à la merci de Betty (Diane). Les deux femmes tombent amoureuses, avant que tout bascule.

Tout n’est qu’illusion



La scène clef du film est celle du Silencio, ce club étrange, où les deux femmes se rendent pour assister à une représentation artistique hallucinée, qui représente simplement le réveil de Diane.

Le maître de cérémonie prévient : ici, tout n’est qu’illusion. Il n’y a pas d’orchestre, pas de musiciens, tout est enregistré à l’avance, et n’existe pas vraiment. Diane commence à prendre conscience que tout ceci n’est qu’un rêve, et est terrifiée de revenir peu à peu à la réalité. Les deux femmes rentrent à l’appartement et le film bascule dans sa deuxième partie.

La boîte de Pandore



Si vous voyiez Mulholland Drive pour la première fois (ou peut-être même la deuxième), il n’y a pas de doute possible sur le moment où David Lynch vous a perdu : il s’agit de la fameuse scène de la boîte bleue. Celle où nous passons de l’autre côté, dans la réalité, et où nous comprenons le parcours de Diane.

L’objet à retenir ici est la clef : celle qui sert à ouvrir la boîte de Pandore est également la preuve que le tueur à gages a bien assassiné Camilla (c’était un accord mis en place par lui et Diane).

Rattrapée par ses démons (ici représentés par les deux personnes âgées), n’arrivant pas à affronter la réalité et la disparition de son amante, Diane finit par se suicider d’une balle dans la tête, mettant ainsi fin à tous ses rêves de gloire.

Évidemment, le film est une satire sur le monde Hollywoodien, ses chimères et les espoirs brisés de nombreuses personnes, qui se sont heurtées de près ou de loin à l’univers impitoyable du monde du cinéma.

Quoiqu’il en soit, que vous partagiez notre vision du film, ou non, Mulholland Drive reste un chef d’oeuvre du septième art, celui que l’on peut voir et revoir des dizaines de fois, en trouvant toujours quelque chose de nouveau à observer.

On attend vos commentaires !

Chloé Valmary (20 juin 2017)

Vos avis sur cette actu

Exprimez-vous

A lire sur le même sujet

Remonter