Notre interview de Frédéric Dieudonné, Vice-président Du Festival Jules Verne...

Alors que la 13ème édition du Festival Jules Verne ouvre ses portes ce mercredi 6 avril, la manifestation prend une ampleur supplémentaire cette année qui marque le centenaire du décès de Jules Verne. A cette occasion, nous avons interviewé Frédéric Dieudonné, vice-président du festival, qui est également le vice-président de l'association Jules Verne aventure...
Capitaine Sky Et Le Monde De Demain marque la soirée de lancement du Festival tandis que Man To Man officie en tant que film d'ouverture. C'est Tony Curtis qui est Président d'honneur de ce Festival. Jean-Jules Verne, l'arrière petit-fils de l'écrivain est quant à lui le Président du Jury. Le compositeur Philippe Rombi, la réalisatrice Agnès De Sacy, les journalistes Carine Peyrières, Ghislain Loustalot, Marie-Claude Slick, le spationaute Jean-Pierre Haigneré et la photographe Priscilla Telmon composent les autres membres du jury.

Pouvez-vous nous présenter le festival Jules Verne ?

Frédéric Dieudonné : Jules Verne est un peu notre maître à penser dans tout ça, on développe tout ce qui attrait à l'esprit de Jules Verne et qu'il a développé dans ses romans, c'est à dire la curiosité, l'exploration, l'environnement, les sciences et l'aventure. On s'est dit que le meilleur moyen de créer un événement au tour de tout ça c'était de créer un festival. Au départ on a proposé ce projet à la mairie de Paris, car on voulait le faire dans Paris, ça nous a permis de faire une première édition à l'Institut Océanographique sous le parrainage de Cousteau.
Comme ça a bien marché la première année en 1992, il a grandi et on l'a répété tous les ans, toujours à Paris, toujours à l'Institut Océanographique.
Puis se sont succédés de grandes figures de l'aventure, que nous avons invité : Tabarly, la famille Picard etc… ça a grandi au point qu'il y a deux ans nous avons monté le festival au Grand Rex, qui est la plus grande salle de cinéma d'Europe.
On mélange des scientifiques pures, des explorateurs purs avec des gens de cinéma de fiction et on voit que le mélange fonctionne très bien.

Cette année, pour le centenaire de la mort de Jules Vernes, que nous réserve le festival ?

F.D. : Plus que commémorer, on va fêter Jules Verne. Pour nous il est plus vivant que jamais. Aujourd'hui, tous ces gens qui partent sur le terrain, qui écrivent, filment, ils sont tous baignés, de près ou de loin par Jules Verne. Beaucoup d'entre eux ont trouvé leur vocation grâce à Jules Verne. James Cameron, par exemple, il est venu l'année dernière et nous a dit que quand il était petit il dévorait 20.000 lieues sous les mers t aujourd'hui il fait des films fantastiques sur les abysses.
Le festival c'est vraiment une fête. On va mettre l'accent sur tous les héritages de Jules Vernes.
C'était l'année ou jamais, d'inviter Jean-Jules Verne, l'arrière-petit-fils de Jules Verne. Il sera le président du jury de cette édition. Depuis longtemps déjà il s'est intéressé à l'œuvre de son grand-père, depuis qu'il a découvert un manuscrit perdu de son arrière-grand-père. Personne n'est plus à même pour nous parler de Jules Vernes y compris sur le plan humain et pas seulement en tant qu'écrivain visionnaire. Jules Verne était avant tout un homme, pas une personnalité lisse, mais plutôt quelqu'un qui doutait beaucoup, quelqu'un de renfermé sur lui-même, quelqu'un qui avait des doutes et une vie privée assez triste. Il se lançait des défis à lui-même à travers tous ces personnages qu'il créait, qui ne sont pas toujours des héros flamboyants. Par exemple le capitaine Nemo n'est quelqu'un de drôle, mais plutôt agressif, aigri, un peu terroriste sur les bords il sabote pas mal de bateaux…
Comme ça on arrive à aller plus loin dans l'œuvre de Jules verne !

Mais pratiquement cette année pour le centenaire, il y aura quoi de nouveau ?

F.D. : On s'est demandés ce qu'on pouvait imaginer pour en faire une fête de ce centenaire de Jules Verne. Comme nous sommes très « cinéma » et que Jules Verne est mort en 1905, date à laquelle le cinéma existait déjà, on a lancé un grand concours public sur internet, sur les 100 films d'aventure et de science-fiction depuis Jules Verne ; les 100 films qui ont le plus cet « esprit Jules Verne ».
Pendant un an, on a fait une sélection des films qui étaient les plus marquants et qui resteront dans l'histoire du cinéma… donc 100 films depuis 100 ans.
Il y a eu, depuis novembre, 130.000 votes venus de partout. Une première étape nous a permit de définir les 10 premiers. Avec ces 10 premiers nous avons refait un 2e tour de votes. Le film choisi sera révélé le soir de l'ouverture du festival mais on a déjà révélé les 3 premiers, qui sont en ordre alphabétique : 2001, l'odyssée de l'espace, la Guerre des Etoiles et Le Seigneur des anneaux : la communauté de l'anneau.
Le film gagne l'honneur d'avoir été choisi par le public meilleur film d'aventure ou de sciences-fiction du siècle et recevra un Jules Verne Award d'honneur lors de la cérémonie d'ouverture du festival et une personnalité emblématique du film sera là pour le recevoir. Le film primé sera par la suite projeté en clôture du festival.

Il y a des documentaires en compétition, des films célèbres, des soirées…

F.D. : Il va il y avoir du cinéma sous toutes ses formes. Il y a un côté innovant, on a la chance de présenter des films en avant-première mondiale ou française, par exemple MAN TO MAN, le nouveau film de Regis Wargnier qui fera l'ouverture en présence de l'équipe du film. Le film est très « vernien », il se passe à la fin du 19e siècle, à l'époque de Jules Verne, et c'est une aventure complètement épique, basé sur la découverte et l'aventure.
On va également projeter le nouveau film de James Cameron ALIENS OF THE DEEP. Pour lui l'avenir du cinéma c'est le relief, la 3D, on va diffuser ce film documentaire aux frontières du fantastique avec les lunettes prévues à cet effet. Ça va être génial.

On regardant le programme on constate que les après-midi sont réservés à la compétition…

F.D. : Oui, les après-midi on passe les films en compétition. Des purs documentaires, de découvertes et d'exploration, d'une durée de 42 à 52 minutes pour la plus part. Vous avez des films de mer, des films animaliers, des films d'archéologie, des films sur l'espace…

et puis les soirs, c'est plus festif avec des soirées événement…

F.D. : voilà, chaque soir, on plonge dans un univers différent. Le jeudi nous organisons une soirée Smallville. L'année dernière nous avions fait une soirée suer héros qui avait bien marché, on avait interviewé Christopher Reeve, qui était quelqu'un de génial, et qui était Superman pour tout le monde dans les années 70/80. Aujourd'hui il y a une relève, à la télévision avec cette série qui retrace la jeunesse du Superman. On va diffuser 3 épisodes inédits de la saison 4 en présence des créateurs de la série et de certains acteurs.
Le vendredi c'est la Nuit des Abysses avec le nouveau film de Cameron suivi d'un film d'animation intitulé LE MONSTRE DES ABYSSES et en troisième partie de soirée, on reprojète 20.000 LIEUES SOUS LES MERS de Richard Fleischer, qui est la meilleure adaptation qui soit de Jules Verne.
Le samedi on a la nuit Tony Curtis. On se fait un vrai plaisir personnel à l'inviter. C'est une des dernières légendes vivantes de l'âge d'or de Hollywood. Tony Curtis est très connu par la série Amicalement vôtre, mais il a été également le partenaire de Marilyn Monroe, de Kirk Douglas, de Burt Lancaster et de tant de grandes figures. On l'invite et on a envie de lui rendre hommage à travers la diffusion d'un épisode d'Amicalement vôtre, parce que c'est incontournable, LES VIKINGS de Richard Fleischer et SPARTACUS qui est un des très bons films de Kubrick. Tony Curtis sera là le samedi et le dimanche pour la clôture, où il recevra un Jules Verne d'honneur en présence de Roman Polanski car manifestement il y a une admiration réciproque entre les deux.
Le dimanche soir, il y aura la cérémonie de clôture, avec le palmarès, la remise des prix et le concert de John Scott. Un concert de musiques de films avec 135 musiciens et des chœurs. Ils joueront Il était une fois dans l'ouest, Star Wars, Spartacus etc… en live, sur fond d'images des films correspondants. Et enfin la projection du film du centenaire.
Dimanche c'est la clôture, mais on organise lundi une soirée, disons, bonus. La journée on rediffuse les films primés et le soir on a une nuit du 3e type, où on va se demander si on est seuls dans l'univers. On passera un documentaire de témoignages de gens qui racontent avoir été enlevés par des extra-terrestres et certains d'entre eux seront là pour en parler. Puis on passe un des bons films de Spielberg RENCONTRES DU TROISIEME TYPE ; comme ça après avoir été sur terre et sous les mers, on finit le festival dans l'espace.

Peut-on voir dans la compétition le côté documentaire et scientifique de Jules Verne et dans les soirées son côté plus « imaginaire » ?

F.D. : Oui, c'est encore assez récent chez nous que la fiction prenne une importance telle, à l'avenir on travaillera pour qu'il y ait pendant le festival une compétition de fiction, mais il y aura toujours une catégorie "documentaires". Le documentaire c'est des gens qui partent sur le terrain, qui ramènent, parfois au péril de leur vie, des images incroyables et c'est important de le faire remarquer. On veut également envoyer des messages d'attention à la planète car elle est belle mais elle est fragile.

On sent chez vous une vraie passion pour le cinéma d'un côté et pour l'œuvre de Jules Verne de l'autre…

F.D. : Jules Verne a cultivé le terreau de la curiosité. Tout autant que nous sommes ici, nous sommes là uniquement par passion et par plaisir. Gamin, quand j'ai commencé à lire Jules Verne, ça m'a donné envie de voyager.
Le message qu'on veut passer c'est qu'il faut toujours laisser la place à ses rêves. Et ne jamais dire « je n'y arriverai jamais, ce n'est pas pour moi ». C'est ça Jules Verne, le défi permanent. D'ailleurs Jules Verne disait « tout ce qui est impossible reste à accomplir » et c'est exactement ce que nous nous disons tous les jours.

=> Retrouvez toutes les infos sur le Festival Du Film Jules Verne 2005

Propos recueillis par Pablo Chimienti (Paris, mars 2005)

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