Où est Charlie ?

Ouille, voici peut-être LA déception du festival.
Rendez-vous compte : on avait Charlie Kaufman (Eternal Sunshine Of The Spotless Mind) aux commandes de son premier film, un casting béton (Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener, Samantha Morton, Michelle Williams, …) et un pitch tellement barré qu’il ne pouvait qu’être prometteur. En gros, on attendait la perle indé qui secouerait la compétition. Du tout cuit, on en était sûrs.

Malheureusement Kaufman, le cerveau en roue libre, a glissé sur une peau de banane en bas des marches du Palais. Le scénariste de Michel Gondry et Spike Jonze, s’est-il senti pousser des ailes une fois seul maître à bord ? Allez savoir… Quoi qu’il en soit, il nous sert avec Synecdoche, New York un film qui nous laisse, au mieux perplexes, au pire déprimés si l’on ne s’est pas déjà endormi.
Etant donnée notre affection pour le cinéaste, la critique est « douloureuse » c’est sûr, mais comment faire autrement face à cette mise en abîme du processus créatif étirée à l’extrême (un auteur de théâtre, impuissant devant l’échec de sa vie personnelle, va recréer à l’identique sa réalité), si dense qu’on finit par s’y noyer ?

La folie est toujours là, mais le mordant a disparu sous des artifices (qui, pris séparément, restent de vraies trouvailles) si nombreux qu’ils finissent par se télescoper et s’annihiler.
Charlie, Charlie, Charlie… Pourquoi diable nous avoir si gentiment conviés dans ta tête pour finalement nous en fermer la porte ?

Eléonore Guerra (Cannes, le 24 mai 2008)

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