Polémiques et réactions à propos du palmarès de Cannes 2004…

Récompensé de la Palme d'Or, samedi soir dernier, lors de la cérémonie de remise des prix du 57ème Festival de Cannes, Fahrenheit 9/11 fait énormément parler de lui. Non pas pour le caractère inédit de cet événement, aucun documentaire n'avait obtenu la Palme depuis 1956 (Le Monde Du Silence), mais pour la symbolique qu'il véhicule…
Récompense politique (et polémique) pour les uns, véritable coup de cœur pour les autres, chacun y va de sa propre interprétation. Une chose est sûre, cependant, c'est que le brûlot contestataire de Michael Moore n'a pas fini de faire couler de l'encre.
Alors que la presse américaine reprend à son compte une partie du mérite attribué à Moore, dixit le New York Times, notre ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, exprime sa fierté quant à la réussite du cinéma français depuis Kaboul…

La presse américaine
Si les grands quotidiens américains, le New York Times, le Los Angeles Times et consorts se contentent de rappeler que cette récompense représente une première dans l'histoire du Festival (de manière plus ou moins engagée), quelques journaux se lachent un peu plus… En témoigne le Atlanta Journal-Constitution qui se permet de caricaturer George W. Bush et son vice-président Dick Cheney face au secrétaire d'Etat Colin Powell affublé d'un tee-shirt floqué "I love Michael Moore". Une manière de mettre en relief les nombreuses réserves que ce dernier soulevait à l'égard de l'Administration Bush.
Le président américain ne s'est, quant à lui, pas exprimé sur le sujet. Michael Moore déclarait cependant, au sujet de ce dernier, lors de la conférence de presse clôturant le Festival : "il faudrait déjà qu'il sache ce qu'est une Palme d'Or !". Une déclaration qui témoigne une nouvelle fois de son attachement pour Bush.

La conférence de presse de clôture
Alors que la foule acclamait le lauréat de la Palme d'Or lors de la montée des Marches, une première à Cannes, et que les 2300 specateurs du Grand Théâtre de Lumière (salle où était projeté Fahrenheit 9/11 hier soir) saluaient avec entrain l'équipe du film, le jury s'expliquait, au préalable, devant la presse. Une conférence de presse prévue de longue date, et non pas une plaidoierie en réponse au tapage médiatique orchestré autour de la cérémonie de remise des prix organisée, pour la première fois, le samedi soir…
Lors de ladite conférence, le président Quentin Tarantino rappelait le caractère apolitique de cette récompense. Edwige Danticat saluait un film qui "se fait l'écho de gens qui n'ont jamais la parole". Kathleen Turner déclarait au sujet du long-métrage : "plus qu'un documentaire, il tend à inventer un nouveau genre".
Le film de Mooore n'était cependant pas le seul à alimenter le discours des membres du jury. Old Boy le polar ultra-violent de Park Chan-Woo faisait l'objet de nombreux éloges : "Ce film aurait très bien pu obtenir la Palme d'Or", ou encore, "ce n'est pas un deuxième prix. A deux voix près, Old Boyaurait pu gagner" selon Tarantino.

Au milieu de toute cette agitation, un petit "cocorico !" s'égare.
Depuis Kaboul où il inaugurait une salle de cinéma réhabilitée grâce au soutien de professionnels du cinéma français, Renaud Donnedieu de Vabres saluait les performances réalisées par les films français en compétition.
Le ministre de la Culture manifestait, en effet, sa grande joie face aux récompenses décernées à Exils (prix de la mise en scène pour Tony Gatlif), Clean (meilleure interprète féminine pour Maggie Cheung) et Comme Une Image (prix du scénario pour le binôme Jaoui / Bacri).
Quentin Tarantino déclarait d'ailleurs, au sujet de ce dernier prix, qu'il s'agissait de "l'un des plus faciles à remettre". Excusez du peu !

Amélie Chauvet

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