Premiers Plans à Angers : un festival sous le signe de la cinéphilie

Le festival Premiers Plans d'Angers se poursuit dans une ambiance traditionnellement conviviale et devant un public très impliqué. Les films sont souvent chaleureusement applaudis à l'issue des projections, et les spectateurs remplissent avec application leurs bulletins de vote pour l'attribution de prix du public particulièrement bien dotés.

La sélection de premiers courts et longs métrages européens fait apparaître cette année quelques thèmes récurrents : celui en particulier de l'immigration clandestine, traité dans des films belgo-marocain (L'Enfant endormi, à ce jour sans doute le meilleur long métrage projeté), français (Transit, Destination, deux courts métrages), hongrois (Hatarontul, un court métrage également) ou italien (Saimir, très beau long métrage sur la révolte d'un jeune Italien d'origine albanaise contre son père qui survit du trafic d'immigrés).

De nombreux films traitent par ailleurs de l'exclusion sociale, à travers les parcours d'un habitant de la banlieue parisienne désillusionné (Naissance de l'orgueil, court métrage français), d'une paysanne obligée de se prostituer pour pouvoir prendre le train (Poputchiki inzhira, court métrage russe), d'un employé de piscine municipale humilié par sa responsable (Azur, court métrage belge), d'un jeune Napolitain contraint de s'engager dans l'armée pour subvenir aux besoins de sa mère (Vento di Terra, long métrage italien), ou d'une Allemande ayant autrefois fréquenté le gratin et réduite à errer dans Berlin après avoir tout perdu sauf son sac Vuitton (Charlotte, court métrage allemand)…

Parmi les chouchous des festivaliers, outre L'Enfant endormi, on trouve Andre Valente, long métrage portugais mettant en vedette un petit garçon dont le père a disparu et qui soutient, du haut de ses huit ans, sa mère désemparée. Méthodique et têtu, il cherche également le contact de son voisin, jeune patineur russe, et celui des petites filles… Juste et touchant, ce film a conquis le public grâce à son interprète principal, époustouflant de naturel et de charme.

L'hommage à François Truffaut se poursuit avec la venue de Jeanne Moreau, présidente du jury il y a deux ans, qui a présenté au public La Mariée était en noir et Jules et Jim. Un « Espace François Truffaut » permet de consulter de nombreux documents préparatoires à l'écriture des Deux Anglaises et le continent, mais aussi de visionner une dizaine de reportages et de documentaires dans lequels le cinéaste commente ses parti-pris de mise en scène et de direction d'acteurs : passionnante, cette exposition contribue un peu plus à faire de Premiers Plans un petit paradis pour cinéphiles.

=> Retrouvez toutes les infos sur le 17e Festival Premiers Plans Angers 2005

Arnaud Claes (Angers, Janvier 2005)

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