Presse ciné : le grand couac

mardi 16 septembre 2008 - 14:06 | Showbizz
Souvenez-vous, hier nous vous annoncions…

R.I.P. Studio et CinéLive
Il y a des nouvelles qui attristent…

Ainsi, après le désolant feuilleton des Cahiers du Cinéma (dont le sort en kiosque reste incertain), Le Film Français nous annonce aujourd’hui la disparition de deux des derniers titres phares de la presse ciné : Studio (créé par une partie de l'ancienne équipe rédactionnelle de Première emmenée par Marc Esposito et Jean-pierre Lavoignat en 1987) et CinéLive (créé en 1997 sous le parrainage de Laurent Weil).

La suppression des deux magazines donnerait, en outre, naissance à un nouveau titre.

« Philippe Boulnois, directeur de la publication de Studio et CinéLive a fait part du nouveau projet du groupe Express-Roularta, maison d'édition propriétaire des deux titres de presse.

Le nouveau support, toujours spécialisé cinéma et toujours à destination du grand public, "se substituera aux deux mensuels actuels", précise Philippe Boulnois. Ce dernier indique également que Fabrice Leclerc, actuel rédacteur en chef de CinéLive, a été nommé pour préparer le projet qui pourrait voir le jour début 2009.
Jusqu'à cette date, Studio et CinéLive seront édités normalement. Aussi, Béatrice Toulon et Michel Rebichon, respectivement rédactrice en chef et directeur de la publication de Studio, sont toujours en poste même si on ne sait précisément quel sera leur avenir. Selon l'OJD, les deux titres diffusent près de 84 000 exemplaires (diffusion payante) par mois. Ils ne sont pas les seuls à voir leur avenir bouleversé.
Pour sa part, le groupe Le Monde a mis en vente Les cahiers du cinéma. La date limite de remise des propositions de rachat était fixée à aujourd'hui, une dizaine de repreneurs sérieux seraient en lice (cf. newsletter du 13 mai) dont Les Inrockuptibles, P.o.l, Phaïdon ou encore Cinémage.
»

Si on attend un développement des titres sur l'internet, ces disparitions en cascades représentent encore un coup dur pour les cinéphiles…

Les Cahiers, c’est pas mieux

Comme pour renforcer nos doutes quant à l’avenir de la presse (écrite) ciné, nous recevons aujourd’hui cette lettre ouverte signée par une partie de la rédaction des Cahiers du Cinéma.

« Chers Inrocks,

Nous sommes la rédaction des Cahiers du cinéma. Nous avons voulu saisir l'occasion de la mise en vente du titre par Le Monde pour développer un projet de reprise avec la rédaction en chef. Ce projet, né d'une envie et d'une nécessité critiques, a su convaincre des partenaires financiers : notre actionnaire majoritaire est Thierry Wilhelm – entrepreneur presse et Internet –, aux côtés duquel on compte, entre autres, Paul Otchakovsky-Laurens, éditeur historiquement proche de la revue.

Ce projet est aussi celui d'un grand nombre d'anciens des Cahiers, parmi lesquels Jean-luc Godard, Claude Chabrol, Jean Narboni, André S. Labarthe, Jean-louis Comolli, Louis Skorecki, Luc Moullet… ; et de compagnons de route, comme Jacques Rancière ou Jean Louis Schefer. Ceux-ci, plus de vingt-cinq au total, ont marqué leur engagement en signant avec nous une tribune dans Libération.

Ce projet s'est déclaré il y a plusieurs mois. Il a évolué et s'est construit au vu et au su de tous. Ses atouts sont aujourd'hui connus : renouveler en profondeur les Cahiers en développant notamment une complémentarité nouvelle entre la revue et Internet ; assurer la pérennité de la structure dans toutes ses activités ; garantir l'emploi des salariés.

Tout cela, vous ne l'ignorez pas. Ou plutôt si, vous feignez de l'ignorer en maintenant votre candidature au rachat face à un projet maison. Vous annoncez en outre des licenciements.

Est-il possible que ces Inrocks-là soient les mêmes que le news magazine à la sensibilité de gauche affichée ? Est-il possible que vous convoitiez un titre démontrant, en ce moment historique, qu'il a la volonté et les moyens d'assurer par lui-même son avenir ?

Nous n'y croyons pas. Il y a forcément erreur.

N'attendez donc pas pour faire savoir que c'est faux : Les Inrocks ne veulent acheter les Cahiers. Ils sont trop attachés à la pluralité de la presse et à la vivacité du débat critique.

Bien à vous,

Pierre Alferi, Hervé Aubron, Christophe Beney, Nicole Brenez, Jean Douchet, Laurence Giavarini, Charlotte Garson, Gilles Grand, Bill Krohn, Ludovic Lamant, Elisabeth Lequeret, Arnaud Macé, Philippe Mangeot, Thierry Méranger, Cyril Neyrat, Eugenio Renzi, Antoine Thirion, Axel Zeppenfeld.
»

Voilà donc encore de quoi réfléchir…

E.G. (Le 16 Septembre 2008)

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