Quentin Tarantino fait le show au 5ème Festival Lumière de Lyon 2013

lundi 21 octobre 2013 - 11:39 | Showbizz
Le 5ème Festival Lumière De Lyon 2013 s'est achevé hier soir après un show continu de la part de son invité d'honneur : Quentin Tarantino.

Quentin  Tarantino fait le show au 5ème Festival Lumière de Lyon 2013


Humour et émotion pour la remise du prix Lumière 2013 à Quentin Tarantino

Le cinéaste américain a reçu vendredi soir le Prix Lumière 2013 des mains de son actrice fétiche Uma Thurman et devant "sa famille" au cours d'une soirée placée sous le signe de l'humour mais aussi de l'émotion.
Le réalisateur de Reservoir Dogs, Inglourious Basterds ou Django Unchained a fait le show en dansant façon Pulp Fiction puis en affirmant que " le cinéma était sa religion, et la France son Vatican ".

Il s'est dit encore heureux de recevoir ce prix dans la ville où le ciénma a été inventé et que les parents des Frères Lumière se soient rencontrés car ainsi " le cinéma a été inventé et moi j'ai eu quelque chose à faire ! ".

Thierry Frémaux, directeur général du Festival Lumière comme Bertrand Tavernier président de l'Institut Lumière ont tous deux souligné la très grande culture cinématographique de Tarantino et rappelé que le prix Lumière récompensait à la fois l'ensemble d'une oeuvre et " un acte d'admiration pour le cinéma ".

Au cours d'une soirée très enlevée, Uma Thurman, Harvey Keitel et Tim Roth ont rendu hommage au cinéaste qui leur a offert des rôles marquants tandis que Mélanie Laurent a chanté "Bang Bang", tiré de la bande-originale du diptyque Kill Bill (volume 1) et Kill Bill (volume 2).

Le très influent Harvey Weinstein a souligné la grande générosité du cinéaste qui pendant le tournage de Pulp Fiction lui a demandé de " venir dans Chinatown à Manhattan voir un film d'un inconnu et de contribuer à sa diffusion aux Etats-Unis : c'était Chungking Express de Wong Kar-wai ", reconnu aujourd'hui comme l'un des plus grands cinéastes au monde.

Evoquant derrière lui " tous ces gens qui ont permis ses rêves et joué dans ses rêves " Quentin Tarantino a avoué s'être " longtemps senti comme un loup solitaire ", sans doute " parce ce que je n'ai jamais vraiment eu de famille ". " Mais les gens sur scène ce soir c'est ma famille ", a-t-il dit les larmes aux yeux.

Puis il s'est adressé aux quelque 2 700 spectateurs de la salle en leur disant qu'une autre composante de sa vie était le public, déclenchant l'hystérie.

Peu après la cérémonie, le réalisateur a été fait commandeur des Arts et Lettres par la ministre française de la Culture Aurélie Filippetti. " Comme vous avez déclaré votre amour pour le cinéma et à la France, sachez que la France vous aime aussi ", a-t-elle dit.

Durant ce 5ème Festival Lumière De Lyon 2013, Tarantino a beaucoup donné de sa personne et bousculé les habitudes courant de salle en salle voir des films :
- Dès le soir de l'ouverture, il était venu rendre un hommage à Jean-paul Belmondo parlant de la "supercoolitude" de l'acteur français.
- Jeudi après-midi, il était venu présenter aux spectateurs le très improbable film américain "Hitler dead or alive" dont une des scènes en a inspiré une autre pour Inglourious Basterds.
- Le soir, accompagné d'Uma Thurman, il a fait la joie du public en venant présenter Pulp Fiction.

Agé de 50 ans et auteur de 8 films seulement dont le dernier Django Unchained, son plus grand succès public, Tarantino a confié mardi avoir "quatre idées" de films qui pourraient l'occuper pendant dix ans, s'interdisant néanmoins de finir en "vieux boxeur" incapable de s'arrêter.

Quentin  Tarantino fait le show au 5ème Festival Lumière de Lyon 2013


Quand Quentin Tarantino défend les films en 35mm

Quentin Tarantino a également de nouveau défendu avec force samedi le format 35mm, assurant que dans les salles de cinéma, la projection en numérique ressemblait "juste à de la télévision en public".
Interrogé à l'occasion d'une conférence de presse sur le fait de savoir si le numérique n'allait pas quand même sauver les films de patrimoine, le bouillant cinéaste a répondu haut et fort "Non !".

" Si je veux regarder Bande À Part (de Jean-luc Godard, ndlr) sur un DVD à la maison, très bien, je n'ai pas besoin d'aller au cinéma pour cela ", a enchaîné le prix Lumière 2013.

" Pour moi, la projection numérique c'est juste de la télévision en public ", a-t-il dit. Thierry Frémaux, directeur du 5ème Festival Lumière De Lyon 2013, a rappelé que le cinéaste avait d'ailleurs apporté plusieurs copies en 35mm à Lyon.

Tarantino se dit aussi " très découragé par les festivals où les projections ne sont qu'en numérique ".
" Je me sens comme un homme seul qui lutte contre les zombies ! " a-t-il dit, grands gestes à l'appui.

En revanche, il a salué le rôle des festivals dans le monde entier qui permettent à de nouveaux réalisateurs de se faire connaître.
" J'arrive du festival de Busan en Corée du sud, j'ai rencontré un réalisateur israélien qui vient de faire un film Big Bad Wolves qui m'a complètement impressionné, le meilleur film que j'ai vu cette année ", a-t-il raconté.

" C'était très touchant de le rencontrer de le connaître un peu plus. Il en est à ses débuts comme moi il y a vingt ans. Il va falloir qu'il trouve son propre chemin tout en évitant mines et requins ", a dit le cinéaste dont le premier film Reservoir Dogs a fait le tour du monde, propulsé par sa présentation au festival de Cannes.

Le réalisateur de Django Unchained a refusé de dévoiler son prochain projet : " les choses ne sont pas assez avancées ".
Il a en revanche détaillé sa méthode de travail, assurant que les personnages et l'histoire étaient primordiaux avant même de penser à des acteurs ou des lieux de tournage. Ensuite les dialogues lui viennent très facilement sans savoir d'où précisément, alors que tout le reste sur un film " est plus dur ".

" Mon héritage ce seront mes films ", a-t-il poursuivi, donc " ma responsabilité c'est de ne jamais faire des films dans lesquels je ne suis pas à 100% sincère (...) ou pour de mauvaises raisons ".
" Si vous me voyez faire un film qui ne soit pas sincère, vous avez ma permission de me traiter de putain ! ", a lancé le cinéaste qui a déjà annoncé qu'il ferait encore trois ou quatre films pour ne pas finir comme un " vieux boxeur ".

Interrogé sur sa popularité de quasi rock star pendant le festival, il s'est dit heureux " d'avoir réussi pendant vingt ans à avoir de nouveaux jeunes publics tout en réussissant à garder les anciens fans ".

La sortie des usines Lumière, 120 ans après revue par Tarantino et Cimino

En discutant ou en courant des dizaines de réalisateurs et acteurs emmenés par Quentin Tarantino et Michael Cimino, notamment, ont refait samedi La Sortie Des Usines Lumière, premier film de cinéma de l'histoire à l'emplacement de 1895.
Les comédiens "tarantiniens" Harvey Keitel et Tim Roth, venus assister vendredi soir à la remise du Prix Lumière 2013 à l'auteur de Reservoir Dogs, étaient là, jouant le jeu à fond.

Tarantino comme son compatriote Jerry Schatzberg ont dirigé des prises dans une ambiance joyeuse et décontractée, demandant " beaucoup de naturel " à la troupe qui a vu auparavant les films des Frères Lumière.

Michael Cimino (dont le Voyage Au Bout De L'Enfer ressort en salles) a prié tout le monde de sortir en courant " comme si vous aviez fini de travailler, aviez faim et vouliez rentrer vite chez vous ".

Une première répétition en public avait eu lieu vers 15h00 dans un désordre indescriptible faisant lâcher à Tarantino " c'est un p.. de désastre ! " ("It's a fucking disaster").

Dans la foule des artistes figuraient le réalisateur belge Luc Dardenne, le français Bertrand Tavernier, président de l'Institut Lumière, le turc Fatih Akin, les acteurs André Dussollier, Arielle Dombasle, Françoise Fabian, Tahar Rahim, Leïla Bekhti, Clovis Cornillac, Richard Bohringer, Vincent Perez, Christophe Lambert, Frédéric Pierrot, Virginie Efira, Ana Girardot, Manu Payet etc.

Les scènes étaient filmées sous la direction du grand chef opérateur Pierre-william Glenn, à l'endroit même des anciennes usines où le 19 mars 1895, Louis Lumière plaça sa caméra et tourna le premier film de l'histoire du cinéma.

Devant le bâtiment transformé en salles de cinéma pour la programmation de l'Institut Lumière, figure un photogramme du film de 1895, qui dura moins d'une minute.

" Comme les Frères Lumière il y a 120 ans qui ne savaient pas en faisant ce film ce qu'il deviendrait - d'ailleurs il a été très longtemps oublié - , on ne sait pas aujourd'hui ce que deviendront ", ceux tournés aujourd'hui, a déclaré à l'AFP Thierry Frémaux, directeur général du festival Lumière.

" Ce qui est sûr c'est qu'on avait envie de les faire et qu'on s'est bien amusés à les faire ", a-t-il ajouté.

" Et puis surtout, il y a quelque chose d'une mémoire de l'acte de le faire, des gens qui étaient là, de l'idée qu'il y a eu plusieurs prises qui ont été faites par des Tarantino, Cimino ou Schatzberg. Ces prises tournées en numérique, en 35 mn, en 16 mn resteront là pour toujours. Ce sera un petit moment qui a attrapé l'histoire contemporaine, d'un jour du 19 octobre 2013 ", a-t-il conclu.

=> Toutes les infos sur Quentin Tarantino

(21 Octobre 2013 - AFP)

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