Spike Lee à l'initiative d'un projet original

C’est le printemps, bon d’accord, ça ne se voit pas, mais c’est le printemps. Une saison franchement pas terrible, et si vous avez été au cinéma voir ce qu’il en était (J'Aimerais Partager Le Printemps Avec Quelqu'Un) et que vous étiez le quelqu’un en question, vous aurez pu constater qu’elle n’est guère meilleure dans les salles obscures.

Ne vous dites pas : « La pouasse, je me suis encore fait entourlouper, j’ai cliqué, et il est où Spike Lee ? ». Spike Lee, il arrive en dessous et si vous êtes direct un mordu d’infos qui a, mais trop envie de jouer à Où est Spike Lee ? : Spike Lee fait dodo pas loin d’Hollywood et demain il se lève pour post-produire (mettre des voix sur des bouches qui frémissent) son film Miracle At St. Anna en compagnie de John Turturro. Le film sortira en salles en octobre prochain, la parenthèse est refermée.

Si on vous parle de J'Aimerais Partager Le Printemps Avec Quelqu'Un de Joseph Morder c’est que ce film se dote d’une initiative originale : faire un film avec un téléphone portable… étrange mais après tout, pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Figurez-vous que Spike Lee s’est aussi posé la question. Mais après tout, pourquoi pas ? Le réalisateur, en collaboration avec N***A, Connecting People (pas de pub), dirigera un film tourné en téléphone portable.

Et ce qui devait être une œuvre strange, expérimentale, étonnante et anecdotique (J'Aimerais Partager Le Printemps Avec Quelqu'Un) devient le précurseur d’un nouveau genre : le ciné téléportablé. Outch, mais ils sont fous ces terriens : alors qu’ils luttent depuis 100 ans pour améliorer les techniques cinématographiques à coût de millions, que dis-je de milliards de dollars, ils se retrouvent cent ans plus tard à faire des films volontairement « pourris », qui rivalisent avec l’archaïsme – génial cela dit – de L'Arroseur Arrosé des frères Lumières. Une voie nouvelle qu’emprunte le cinéma donc, mais André Bazin ne nous avait-il pas prévenu lorsqu’il écrivait que « la réalité est la finalité même du cinéma ». Une réalité rendue plus facilement possible grâce à ce mode nouveau d’enregistrement visuel. Parce qu'avouons-le, c'est difficile de mettre soigneusement en scène ce qui est enregistré avec du matos pareil : on filme sur le vif, comme on peut, si on arrive à voir quelque chose, c'est déjà très bien.

C’est ce que confirme le réalisateur de Malcolm X et d’Inside Man : « Les réalisateurs n’ont plus besoin d’aller dans des écoles de cinéma pour produire de grands films. Presque n’importe qui peut devenir cinéaste avec un simple téléphone portable ». Les participants ont jusqu’au 21 août prochain pour remettre leurs courts chefs d’œuvres sur le site, là on ne va pas avoir le choix : http://www.nokiaproductions.com. Seule contrainte, le thème du projet (le rôle de la musique dans la représentation de l’humanité) doit être respecté.

N***A, connecting people, sélectionnera les meilleurs projets, les internautes voteront pour épurer un peu plus les sélectionnables. Spike Lee sera ensuite chargé de réduire à trois le nombre de gagnants et d’organiser le montage final.

Euh, juste une question : Si on a un téléphone à l’ancienne qui ne prend pas de vidéo mais un appareil photo qui fait aussi caméra pas terrible, ça marche aussi ? Oh, mais sortez-le, Spike Lee veut du téléphone portable. Un point c’est tout, c’est si compliqué ?

F.B. (Le 29 Avril 2008 – Avec Relax News).

Vos avis sur cette actu

Exprimez-vous

A lire sur le même sujet

Remonter