Stallone ou l’adieu à Rocky

De passage à Paris pour la promotion de Rocky Balboa, le grand et baraqué Sylvester Stallone nous accorde un moment. Tout seul sur son estrade, assis dans une chaise très Louis XV, l’homme qui a créé la légende revient sur la réalisation de ce film dont il parle avec une grande sincérité et beaucoup d’affection.

Les 30 ans qui séparent le premier du dernier opus ont permis à l’acteur de mûrir et d’appréhender les scénarii et réalisations de manière différente : « Quand on est jeune, on peut tout faire mais avec l’âge, on se rend compte qu’on ne vivra pas éternellement et qu’il faut jouir de tous les moments qu’offre la vie. »


Après 15 ans d’absence, le boxeur, plus blessé que jamais, reprend du service alors que l’on ne l’attendait pas vraiment ou alors dans un mauvais film. Le résultat est au-dessus de toutes les espérances:
« Faire remonter Rocky sur le ring, c’était prendre un vrai risque. Ma femme m’a dit : "Ne fais pas ça, c’est du passé" mais je sentais au fond de moi que je devais le faire et je sentais que beaucoup de personnes étaient du même avis que moi. » Rocky Balboa revient à Rocky, à l’essence même du héros humain : « Rocky c’est un voyage émotionnel. J’avais besoin de retrouver la même détresse que dans Rocky, j’avais besoin d’un être humain qui soit à zéro pour montrer son ascension. J’ai compris que je devais lui enlever la chose la plus importante dans sa vie : sa femme. Alors j’ai appelé Talia Shire (Adrian) et je lui ai dit : "J’ai une super idée. Tu es morte ! " » Une décision difficile mais essentielle pour le retour d’un Rocky dévasté.

Le film, très attendu, devrait connaître son petit succès en arrivant en France mais l’acteur-réalisateur nous rassure tout de suite : « Même si le film marche, il n’y aura pas de suite. Rocky Balboa est un véritable adieu. De plus, je n’ai vraiment pas envie de reprendre les gants, j’ai trop souffert ! » « Honnêtement, » continue-t-il « il n’y a rien après Rocky. Lui, c’est mon frère, ma voix intérieure. Ma vie est ce qu’elle est grâce à ce petit boxeur. J’ai vécu et je mourrais avec lui. Légalement, car j’ai signé un contrat, je dois faire Rambo 4 mais je n’ai pas envie de le faire. »

Sylvester Stallone aurait aimé finir avec Rocky Balboa et mettre ainsi un terme à sa carrière, forte de ce héros faillible et ancré dans l’histoire de tous : « Il y a trente ans, je ne voulais pas être assimilé à mon personnage. Je voulais être un artiste. Maintenant, je suis fier et honoré que l’on m’appelle Rocky. À Philadelphie, les habitants pensent que Rocky existe vraiment, que je l’invite chez moi et que je lui demande s’il aime ma chemise ! C’est merveilleux. »


Le nostalgique Rocky tire sa révérence, heureux d’avoir réussi le « miracle » de réaliser l’adieu à celui qu’il appelle son frère. Alors, le 24 janvier, on remontera tous sur le ring, une dernière fois, pour vivre les dernières heures d’un boxeur symbolisant l’espoir pour plusieurs générations.

=> Voir les photos de l'arrivée de Stallone au Planet Hollywood !

Marine Bedaux, le 15 janvier 2007 à Paris.

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