Sur les traces de Paul Verhoeven !

Au même titre que Stanley Kubrick et Oliver Stone, Paul Verhoeven est devenu (bien malgré lui) un des spécialistes de la provocation... Réalisateur décomplexé et incisif, ces œuvres ont toujours remué le monde confiné du grand écran. Sans compromis dans le traitement de ses films, Paul Verhoeven a construit sa notoriété sur des bases solides.

De passage à Paris pour la promotion de son petit dernier Black Book, le cinéaste hollandais nous a rejoint au troisième étage de la Fnac Montparnasse, le lundi 6 novembre, pour une rencontre rapprochée… Arrivé à l’heure, souriant et décontract, à 68 ans Paul Verhoeven n’a pas perdu de son enthousiasme. Il vient nous parler de lui, de son travail et de ses projets futurs. Après un point sur son actualité, il nous conte sans gêne ses débuts timides, ses succès et ses déboires.

Surplombant la mini assemblée, il répond aux questions du journaliste présent pour animer les débats :
« Je réalisais beaucoup de films en Hollande… beaucoup de courts métrages… Après Turkish Delices, Soldier Of Orange, La Chair Et Le Sang, ma carrière était déjà plutôt bien lancée dans mon pays. Mais à l’époque, le cinéma européen était un peu limité. Aux Etats-Unis de nombreuses portes se sont ouvertes pour moi. Les possibilités étaient grandes… »

Les 15 années d’alliance avec la production américaine auront été productives et enrichissantes pour Paul Verhoeven. Père de Robocop, Total Recall, Basic Instinct, Showgirls, Starship Troopers, Hollowman… Il nous raconte son expérience outre-atlantique…
« Mes films n’ont pas toujours été compris… Je pense plus particulièrement à Showgirls ou Starship Troopers. Les critiques ne m’ont pas fait de cadeaux… Mais pour moi, le plus important c’est que mes réalisations soient comprises par le plus grand nombre… Mon parcours aux Etats-Unis a été dans l’ensemble plutôt gratifiant. Mais Black Book devait voir le jour en Hollande. L’histoire et le tournage l’exigeaient. C’est pourquoi je suis rentré… »

« Aux Pays-Bas, je pouvais trouver toute l’inspiration qu’il me fallait pour mon dernier film. Aujourd’hui, tout est plus accessible en Europe… En particulier, les acteurs talentueux. Les célébrités européennes lisent réellement les scénarios qu’elles reçoivent et ne rechignent pas devant la difficulté des rôles. Mais le financement des films reste un problème de taille. Il faut toujours jongler avec différents producteurs… »

Avant de se retirer, le cinéaste dû affronter une séance de dédicace plutôt musclée. Armées de DVD, livres ou simples bouts de papier, les personnes présentes à cette réunion se sont rués sur lui pour bénéficier de la petite signature symbolique.

Le talent de Paul Verhoeven à la sauce européenne fait mouche. Black Book est un petit chef d’œuvre du genre et place la barre très haute pour les prochaines réalisations du cinéaste.

=> Voir les photos du Master Class

Jeanne Tsekas Alberti (novembre 2006)

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