Hollywood 1927. George Valentin (Jean Dujardin) est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller (Berenice Bejo), jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars.
On a tout entendu, ou presque, sur le nouveau film de
Michel Hazanavicius (troisième collaboration avec
Jean Dujardin après
Oss 117, Le Caire, Nid D'Espions et
Oss 117 : Rio Ne Répond Plus) : "surprenant", "flamboyant", "osé", "touchant",
The Artist (et sa star couronnée du
Prix d'interprétation masculine au
64ème Festival International Du Film De Cannes 2011) a d'ores et déjà fait l'unanimité au rayon compliments. Tout va très bien Madame la Marquise.
Le plus amusant est, en outre, que le long-métrage avait réussi à mettre tout le monde d'accord avant même sa première projection. Voyons, un tel projet (un film muet en Noir & Blanc à l'heure du tout numérique et de la 3D) tourné à Hollywood, avec des stars
made in USA (les acteurs
John Goodman,
James Cromwell) et porté par LA star française (autre que
Marion Cotillard) du moment ("
George Clooney frenchy", "fils spirituel de
Jean-paul Belmondo", les comparaisons fleurissent régulièrement dans la presse féminine)... le tout mis en boîte juste à temps pour être présenté sur la Croisette. Un vrai conte de fée. Presque trop beau, d’ailleurs.
Beau,
The Artist l'est, assurément. Trop ? Jamais. Car peut-on dire d'un mot d'amour qu'il est "trop" beau, "trop" juste ou "trop" sincère ? Non. Ainsi, au-delà, bien au-delà de l'exercice de style (réussi) salué par la profession, le film de
Michel Hazanavicius se révèle être un tonitruant
Je t'Aime au Septième Art. La formule peut paraître excessive tant elle a pour habitude d'être galvaudée, pourtant, que dire d'autre ?
Si ce n'était qu'une simple (!) affaire de maîtrise technique,
The Artist serait déjà une belle copie d'élève appliqué : rigueur du jeu des acteurs et de la mise en scène, soin religieux apporté à la photographie et à la reconstitution historique, tout y est. Cependant Hazanavicius va heureusement plus loin et ceux qui s'étaient risqués à prendre le cinéaste et son acteur pour deux rigolos vont en être pour leurs frais. Le récit de la chute et de la rédemption de George Valentin offre certes un hommage vibrant aux grands classiques du muet (tristement rares sur nos écrans plats), fondateurs du cinéma d'hier et d'aujourd'hui, mais il rend surtout compte de la constante évolution à la fois grisante et effrayante d'un art aussi cruel que généreux, en perpétuelle mutation, ... et pourtant toujours magique.
Une féerie désespérément optimiste qui - n'en déplaise aux aficionados de
Jean Dujardin (déjà en route pour les César et autres Oscars) - est royalement incarnée par l'ébouriffante
Bérénice Béjo. C'est d'ailleurs l'une des plus jolies surprises de ce beau cadeau qu'est
The Artist : le
Meilleur Espoir Féminin est définitivement devenu une valeur sûre.
Allez, filez au cinéma et bon film à tous.
=> Toutes les infos sur The Artist
Eléonore Guerra
(12 Octobre 2011)Sélection d'articles sur le même thème :