Twixt : à la poursuite du temps perdu (Test DVD)

jeudi 13 décembre 2012 - 16:13 | Showbizz
On n'avait pas revu Francis Ford Coppola depuis 2009, date à laquelle il avait réalisé le magnifique Tetro.
Le revoilà donc avec son petit dernier, Twixt, sorte d'ovni dans la filmographie du cinéaste.
Budget réduit ("à peine" 7 millions de dollars) et tournage express (7 semaines) , Twixt n'est décidément pas un film comme les autres !

Ce long-métrage est certainement le film le plus personnel, voire intime du réalisateur puisqu'il met en scène un père (Val Kilmer) rongé par le décès de sa fille, morte dans un accident de bateau (le fils de Francis Ford Coppola est décédé de la même façon il y a 26 ans). Ce drame représente le thème principal du film : la poursuite d'une vérité qui n'existe pas, la recherche vaine d'un être cher, la culpabilité.



Le film débute comme un thriller : un écrivain en panne d'inspiration débarque dans une petite ville afin de trouver le thème de son prochain roman. Il tombe à pic puisqu'un crime vient d'être commis : une jeune fille est morte, un pieu en bois planté dans son coeur.
L'image de la jeune fille sans vie à la morgue va dès lors hanter les nuits (et les jours) de l'écrivain qui décide d'écrire un roman inspiré du crime appelé "L'exécution des vampires".

Chaque nuit, il rêve d'un monde imaginaire dans lequel son écrivain préféré, Egar Allan Poe (qui est aussi l'écrivain favori de Francis Ford Coppola) l'aide à écrire son histoire. Il croise également fréquemment l'héroïne de son histoire (Elle Fanning, magnifique), la jeune fille morte, qui se fait appeler Vampyra (ou "V").



Le film se décline donc en deux parties distinctes : le jour et la nuit.
Si les scènes de jour ne se démarquent pas vraiment, les scènes de nuit représentent à elles seules le réel intérêt du film.
Car chaque nuit, en même temps que le héros du film, nous pénétrons dans un univers gothique somptueux où se croisent les fantômes de l'écrivain. Devant nous sur l'écran, défile le rêve étrange du héros, tout en noir et blanc, mêlant le réel et l'imaginaire, le passé et le présent.
La photographie de Mihai Malaimare Jr. (déjà présent sur Tetro et L'Homme Sans Âge) est grandiose : des magnifiques clair-obscurs flirtent avec les décors romantiques, parfois expressionnistes, qui peuvent même à certains moments rappeler les films de Georges Méliès (on pense particulièrement à la séquence où le héros se promène sur la falaise avec Edgar Allan Poe).

Les séquences de nuit sont tellement belles qu'elles finissent par rendre le reste du film (pourtant en couleur) presque fade, si bien que l'on a qu'une hâte : que le héros se mette de nouveau à rêver, et nous avec.

Twixt est avant tout un film qui se ressent, un film dont on tombe amoureux (ou qu'on déteste) et dont l'univers onirique nous retient prisonnier longtemps après le générique de fin.


Le DVD : les bonus


L'édition simple du DVD propose deux bonus très intéressants:

-un making-of du film de 40 minutes, réalisé par la petite fille de Francis Ford Coppola (on reste en famille) très instructif : on y voit le déroulement du tournage, la préparation des acteurs, le travail du réalisateur etc

-la master-class donnée par Francis Ford Coppola lors de l'avant-première du film à Paris : très intéressante pour les fans du réalisateur qui n'auraient pas eu la chance d'y assister. Il évoque le processus créatif de son film, ses inspirations, sa carrière.

=> Toutes les infos sur Twixt

Chloé Valmary (13 Décembre 2012)

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