UN LONG DIMANCHE DE FIANCAILLES : Jeunet perd la bataille

Le verdict de l’affaire d’Un Long Dimanche De Fiançailles est tombé : le film n’est plus considéré comme français. Cette annonce met fin à une belle querelle lancée par le Syndicat de Producteurs Indépendants et l’Association des producteurs Indépendants. Ainsi, les petites sociétés et les mastodontes Gaumont, UGC, Pathé et MK2 ont eu raison devant la justice de Jean-pierre Jeunet et du Centre National de la Cinématographie.

Un film considéré comme extra-européen

En perdant sa nationalité française, le long métrage ne peut plus concourir aux Césars et surtout, ne bénéficie plus de l’agrément du CNC. Cette dernière décision est lourde de conséquences puisque si le film atteint plus de 5 millions d’entrées, 2003 Productions, la société qui produit le film mais qui appartient à 32% à Warner France ne pourra obtenir l’aide de 3,6 millions d’euros prévus pour les films français agrémentés.

Une décision contestée

Cependant, il vient d'être annoncé officiellement que ce jugement va faire l’objet d’un appel. Le réalisateur et les producteurs déclarent qu’UN LONG DIMANCHE... est tourné en langue française, par une équipe française et des acteurs français. Estimant participer à la création culturelle française, toute l’équipe trouve injustifiée cette réponse. De plus, « cette décision ahurissante met aujourd’hui en danger le film dans son financement, 2003 Productions et l’ensemble des productions françaises », d’après 2003 Prod. Le CNC a, quant à lui, confié à l’AFP « étudier attentivement ce jugement et ses conséquences ». Même si cette sentence peut être encore modifiée, son effet dans le milieu cinématographique est de taille, montrant le poids des syndicats de producteurs français.

Une volonté de modification du sytème

Les représentants du cinéma se sont accordés vendredi pour reconnaître que la réglementation actuelle a besoin d'être modifiée afin de permettre à des oeuvres françaises d'être financées par des producteurs extra-européens qui puissent ensuite bénéficier d'aides à réinvestir dans des productions hexagonales.
"Il faut modifier cette règle stupide (...) il est temps que les pouvoirs public prennent leurs responsabilités et qu'on revienne à une règle normale", a déclaré à l'AFP Pascal Rogard, délégué général de la SACD (Société des auteurs compositeurs dramatiques). Il a aussi déploré la situation de ce film devenu "apatride". "Il aurait été beaucoup plus astucieux, et on l'avait dit aux pouvoirs publics, que des changements de règles soient faits avant que le cas de figure ne se présente", a renchéri Michel Gomez, délégué général de l'ARP (Société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs). L'affaire Jeunet sera-t-elle alors le début d'une profonde réforme du financement des films ? Rien n'est joué pour le moment...


S.Y. (26 novembre 2004)

Vos avis sur cette actu

Exprimez-vous

A lire sur le même sujet

Remonter