Un siècle de fin du monde au cinéma

mercredi 12 décembre 2012 - 11:03 | Showbizz
Guerre atomique, astéroïde, pandémie... quelle que soit la manière dont l'humanité finira par s'éteindre, il y a fort à parier que le cinéma l'aura déjà imaginée, d'autant que l'apocalypse, inspiratrice d'effets spéciaux hollywoodiens, est maintenant prisée du film d'auteur.

Alors que, calendrier maya oblige, le 21 décembre risque d'être la dernière date à décevoir les partisans de l'Apocalypse, le Forum des Images à Paris a sélectionné 80 longs et courts métrages de tous pays pour un cycle spécial d'un mois sur la fin du monde débutant le 12 décembre.

"On aurait pu faire deux mois de programmes sans problèmes " raconte la programmatrice Isabelle Vanini. " Vous avez le film catastrophe à effets spéciaux super impressionnants, le film d'auteur avec très peu de moyens en noir et blanc, sans dialogue. Vous avez la comédie, le pseudo-documentaire, le film de SF (science-fiction)..."

Car il n'y a pas qu'Hollywood : " Avec un terrain vague, des masques a gaz, vous pouvez faire un film expérimental sur l'apocalypse très puissant ".



Ces dernières années ont vu l'émergence d'un genre nouveau : des films intimistes non pas tant sur la fin du monde mais sur la manière dont des individus l'appréhendent, comme Melancholia de Lars Von Trier, Take Shelter de Jeff Nichols ou 4h44, Dernier Jour Sur Terre.

Ce film d'Abel Ferrara " est une apocalypse de chambre, mais qui au fond raconte quelque chose de très simple... Il y a tout le temps des mondes qui finissent, quelqu'un qui meurt, qui ferme les yeux, qui s'endort ", explique le philosophe Peter Szendy, auteur de L'Apocalypse-Cinéma.

Isabelle Vanini a aussi noté cette récente " vague de films d'auteur assez inattendue ". " On n'est plus dans le blockbuster qui nous détruit le monde à tire-larigot... on est dans un cinéma qui va en profondeur, qui prend le temps, et ça fait des films très forts ".

Angoisses de l'époque


L'Armageddon sur grand écran débute en France, en 1931, avec La Fin Du Monde d'Abel Gance, film pacifiste sur -déjà- une comète fonçant sur la terre.

" Ce sont les années 30, la peur d'un nouveau conflit qui va arriver avec la seconde guerre mondiale ", analyse Isabelle Vanini.

Après ce conflit, c'est la guerre froide et la peur de l'apocalypse nucléaire qui alimenteront l'imagination des réalisateurs, à commencer par Stanley Kubrick avec sa satire Docteur Folamour (1964).

" Ce n'est pas que du cinéma de divertissement. On peut comme ça retrouver les grandes angoisses d'une époque, la crise de 1929, la peur du nucléaire ou la guerre froide " résume la programmatrice.



La peur est même parfois trop forte. En 1965, La Bombe de Peter Watkins, film commandé par la BBC pour raconter les effets d'une guerre atomique en Grande-Bretagne, est resté vingt ans dans les cartons, jugé trop perturbant.

Les angoisses d'aujourd'hui sont davantage liées à la mondialisation, terrain favorable notamment aux pandémies, comme l'imagine Contagion de Stephen Soderbergh, ou déjà en 1995 L'Armée Des 12 Singes de Terry Gilliam.

Sans oublier les ravages inspirés par le réchauffement climatique, depuis le nouvel âge glaciaire du très hollywoodien Le Jour D'Après de Roland Emmerich jusqu'au cauchemar post désastre écologique de La Route de John Hillcoat, où un père et son fils traversent une Amérique décimée.

Depuis Mad Max en 1979, le thème du survivant est un genre chéri par le septième art : " on se réveille, le monde est détruit, il reste très peu de monde, qu'est ce qu'on reconstruit comme société ? " résume Isabelle Vanini.


(12 Décembre 2012 - Relax News)

Vos avis sur cette actu

Exprimez-vous

A lire sur le même sujet

Remonter