Un tout petit entre deux mastodontes !

Réalisateur hongrois méconnu, Kornel Mundruzco a présenté hier son troisième long-métrage, sélectionné en compétition officielle. Après un prix au festival de Locarno en 2002 (Pleasant Days) et une première venue à Cannes en 2005 dans la section Un Certain Regard (Johanna), le réalisateur a fait un passage plus que réservé hier sur les marches, entre les folies Clint Eastwood et Maradona-Kusturica.
Discret et intime, tels sont les adjectifs qui pourraient qualifier la journée cannoise de l’équipe de Delta (conférence de presse avec seulement dix journalistes, pas plus de photographes sur les marches pour la montée et salle loin d’être comble pour la projection officielle)… Mais ceci n’est peut-être que pas dû au hasard car discret et intime s’adaptent aussi parfaitement au film. Lent, calme, silencieux, étrange… on pourrait trouver beaucoup d’autres qualificatifs à ce long-métrage auquel il fût très dur d’accrocher. Delta, c’est l’histoire d’amour entre un frère et une sœur : De retour pour l'enterrement de son père après avoir été chassé par sa mère vingt ans auparavant, un homme rencontre sa soeur pour la première fois. Tombant amoureux l'un de l'autre, tous deux découvrent que leur père a été tué par la mère et par son amant et décident de le venger.
Une œuvre très difficilement accessible et à ce titre toujours intéressante à découvrir, sachant que l’on n’aurait eu peu de chances de la voir en dehors d’un festival…
Et finalement, même si l’on n’accroche pas du tout au film et que la fatigue n’est sûrement pas la seule excuse à notre ennui profond, on se dit quand même qu’heureusement qu’il y a des endroits comme Cannes où de petits cinéastes hongrois peuvent être mis sur le même piédestal que Clint Eastwood ou Steven Spielberg.

Amélie Chauvet (Cannes, le 20 mai 2008)

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