Une belle preuve d’humanité aujourd’hui en compet’

Quatre ans après son Ours d’or au festival de Berlin pour son film Head-on, le réalisateur allemand d’origine turque Fatih Akin est présent pour la première fois au festival de Cannes avec son nouveau long-métrage, De L'Autre Côté.
Voyage entre l’Allemagne et la Turquie, le film suit les destins croisés d’une dizaine de personnages, d’un pays à l’autre. De L'Autre Côté nous propose une vision de l’Europe à la fois sociale, politique, familiale et professionnelle. S’il aborde beaucoup de problématiques à la fois, Fatih Akin réussi néanmoins à les traiter chacune brillamment, soulevant chaque problème avec réalisme et sans cliché. Quelques touches d’humour viennent ponctuer le film, notamment au début avec la relation entre Ali et la prostituée, ou, plus tard, dans la rencontre entre Ayten et Lotte.
Tourné en trois langues différentes, le film se veut rassembleur, européen si ce n’est mondial, et ce au-delà des différences de chacun… Quelques messages universels passent ainsi comme vers la fin, lorsque la mère de Lotte retrouve Ayten en Turquie.

Mélange des cultures, pardon, deuil sont autant de thèmes que Fatih Akin aborde avec complexité mais talent… Malgré une crise d’inspiration suite à son Ours d’or, le réalisateur a su trouver les mots justes pour nous raconter cette belle histoire.
Fatih Akin : « Je sentais qu’on me mettait la pression pour faire mieux que mon précédent film. Je voulais moi-même un meilleur résultat d’un point de vue artistique. Il fallait que j’arrive à me prouver que je n’étais pas allé au bout de mes possibilités. »
« Le cinéma tient une place considérable dans ma vie, mais il n’est rien à côté des problématiques telles que la naissance, l’amour et la mort. Pour passer vraiment à l’âge adulte, je me suis dit qu’il fallait que je réalise trois films. On peut appeler ça une trilogie, si l’on veut – mais en tous les cas, il s’agit de trois films indissociables, car ils traitent respectivement de l’amour, de la mort et du mal. Head-on parle d’amour. De L'Autre Côté parle de la mort – la mort dans la mesure où chaque décès est une naissance : la mort et la naissance ouvrent toutes deux la voie à d’autres dimensions. »


Un côté profondément humain donc, mais aussi social, qui fait de ce film non pas un chef d’œuvre, mais une histoire très agréable, bien écrite et bien montée. De quoi satisfaire largement notre appétit de critique ciné avide de bons films !

Amélie Chauvet (Cannes, le 23 mai 2007)

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