Une Soirée de Palmarès à Cannes…

Le festival de Cannes, pour sa cinquante septième édition, a proposé une nouvelle formule assez réjouissante pour clore ces 12 jours de fête du cinéma. En effet la cérémonie de clôture s’est déroulé le samedi soir (au lieu du dimanche soir) permettant au jury de s’expliquer le dimanche sur ses choix, un jury qui a accueillie le lauréat de la palme d’or le soir en haut des marches pour revoir le film avec le public.

Benoît Poelvoorde a une fois de plus fait "marré" la presse en arborant un tee-shirt "Quentin said no more". En effet, Quentin Tarantino, le boulimique de pellicule était arrivé à saturation... L’acteur belge s’est fait prendre à son propre piège : il avait promis de décerner un prix de la médiocrité mais pour lui, tous les films étaient bon.
Mais plus sérieusement vis-à-vis de son palmarès, le jury n’a pas vraiment dévoilé le pourquoi de ses choix, pourquoi elle a préféré tel film à tel autre, les films sur lesquels ils avaient hésité (cependant on a compris vu la réponse à la question d’une journaliste brésilienne que visiblement Tarantino n’avait pas trop accroché à CARNETS DE VOYAGE).
Pour le jury, le fait qu’un réalisateur ait déjà un film sélectionné au festival de Cannes est déjà un prix. Pour le grand prix du jury, OLD BOY était prévisible même si beaucoup l’attendaient pour la palme d’or, Quentin Tarantino a même été le revoir dans un petit cinéma de Cannes. Un film à l’univers totalement décalé et même si les longueurs et la lenteur peuvent rebuter, OLD BOY est un des films les plus novateurs du festival.
Par contre le prix du jury transformé en double prix d’interprétation, peut laisser perplexe : on peut s’étonner du choix de Irma P. Hall dans THE LADYKILLERS. Oui, elle joue bien mais c’est une performance comique (la grosse vieille dame qui essaie de se faire arnaquer par des truands) vu et revue et loin d’être bouleversante. Visiblement le jury a été très sensible à EXILS pour donner le prix de la mise en scène à Tony Gatlif. Pour le prix d’interprétation, ils étaient amplement mérité même si Georges Bush dans FAHRENHEIT 9/11 aurait pu être un sérieux prétendant

Quant à la controversée Palme d’or, FAHRENHEIT 9/11, elle a été pour le jury, un " coup de cœur " unanime et tous ont été bouleversé par le film peut-être aussi car le jury est essentiellement américain et des personnes engagés Kathleen TURNER (SERIAL MOM de John Waters), Gerry Schatzberg (réalisateur engagé de PANIC A NEEDLE PARK) et Quentin TARANTINO.

Matthieu Perrin, Cannes (24 mai 2004)

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