Valérian, la bonne recette pour séduire le public français ?

mercredi 26 juillet 2017 - 19:48 | Showbizz
Alors que le film connaît un énorme flop aux États-Unis où il n'engendre que 17 millions de dollars le jour de sa sortie et que la presse l'attendait au tournant depuis des mois, Valérian Et La Cité Des Mille Planètes pourrait bien prendre un tout autre tournant dans l'hexagone.



Luc Besson est souvent critiqué, à juste titre ou non selon chacun, pour la qualité de ses réalisations quand ce n'est pas pour la manière dont il dirige ses équipes techniques. Le réalisateur français préfère rigoler du flop de Valérian de l'autre côté de l'Atlantique. Hier, face aux spectateurs du Grand Rex lors de l'avant-première parisienne du film, il a déclaré : "les gens oublient que pratiquement aucun de mes films n'a marché aux États-Unis . Le Cinquième Élément n'a pas beaucoup marché. Il est devenu culte après uniquement. Léon a encore moins marché. Arthur Et Les Minimoys a fait un flop. The Lady, pareil. Malavita n'a pas très bien marché. Alors je pense que je ne suis juste pas américain". Et le cinéaste a bien raison de n'avoir que faire des remarques incisives américaines. Ici, même s'il a ses détracteurs, Luc Besson a toujours su marquer les esprits avec ces réalisations. Valérian Et La Cité Des Mille Planètes en sera un nouvel exemple, à raison.



Six mois de tournage, un casting hors du commun pour des prises enregistrées en région parisienne, et (rien que cela), le plus large budget de l'histoire du cinéma français avec 197 millions d’euros. Le challenge était de taille, les critiques et le public avaient les crocs acérés devant ce qui aurait pu être un mauvais film. En effet, le cinéma français est loin d'être le spécialiste de la science-fiction. Pourtant, Luc Besson prouve qu'en mettant les moyens, il est possible de proposer de la qualité made in France dans cette catégorie.

Bien évidemment, l'aspect visuel de Valérian est définitivement la valeur ajoutée de la réalisation. Les bandes-annonces avaient mis l'eau à la bouche des spectateurs mais le résultat final est encore bien mieux. L'univers pourrait parfois paraîtrekitch à cause des couleurs fluorescentes rappelant certains clips des années jadis. Mais très rapidement, cette idée s'évapore et on s'accommode à ce monde si particulier où les lumières façonnent des décors somptueux. Les spectateurs traversent des mondes, tous plus beaux les uns que les autres, qu'il s'agisse du Big Market (une sorte de Time Square géant ultra futuriste) ou du lieu de vie des Pearls, ces créatures pacifistes évoluant sur une île aux allures utopiques sur laquelle les ressources coulent à flots. Même les cadres plus lugubres qui nous emmènent chez des êtres moins sympathiques restent très bien travaillés. Luc Besson a techniquement mis les bouchées doubles pour offrir un véritable spectacle de plus de deux heures.



Côté scénario, cela peut sembler assez minimaliste : un monde à sauver, des gentils, des méchants et une romance sans grande importance. Mais les personnages font la différence. Le fameux Valérian, un agent fédéral spatial, est loin d'avoir les caractéristiques du super-héros. Rusé et réactif, il est plus que compétent pour effectuer son métier et aider à faire régner la justice, mais il est doté d'un nombre assez conséquent de défauts qui en font un personnage accessible et attachant. Lui et son acolyte Lauréline ne sont pas irréprochables et leurs erreurs vont peser à plusieurs reprises dans l'intrigue du film. Cette maladresse régulière chez les deux protagonistes donne au scénario une pointe d'originalité et d'humour (humour qui fonctionne plutôt bien mais qui se base, malheureusement, sur du comique de situation déjà vu et revu au cinéma). Dane Dehaan et Cara Delevingne ne sont pas époustouflants mais ils remplissent correctement le cahier des charges et leur fraîcheur dynamise un récit rythmé par des courses-poursuites et des combats au corps-à-corps.

Ultime détail pour un film de science-fiction convainquant : la musique. La bande originale signée Alexandre Desplat (The Grand Budapest Hotel, The Ghost Writer ,The Tree of Life) appuie sur la tête des spectateurs qui n'avaient pas encore totalement plongé dans l'univers à la fois old-school et futuriste de la BD portée sur grand écran par un réalisateur qui, qu'on l'avoue ou non, signe une réalisation de qualité au moins en termes techniques et visuels.

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Estelle Lautrou (26 juillet 2017)

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