Volée de bois vert de la part de la presse pour le Da Vinci Code !

Le Da Vinci Code a reçu un accueil glacial hier soir sur la Croisette lors de sa présentation devant un parterre de près de 2.000 journalistes, qui n'ont pas hésité à siffler le film de Ron Howard et, insulte suprême, rire lors de scènes censées être poignantes.

" C'est une grande déception! Les dialogues sont ampoulés. Le jeu des acteurs n'était pas si mauvais, mais le film n'est pas à la hauteur du livre ", a estimé Lina Hamchaoui, de la radio britannique IRN, en sortant de la Salle Debussy du Palais des Festivals, pleine à craquer pour la circonstance. Malheureusement pour le film de Ron Howard, cette critique est loin d’être isolée : les journalistes déclarent s’être profondément ennuyés, Tom Hanks est qualifié de « zombie », la bande originale - accusée de « marteler » le scénario pendant 2h32 - est montrée du doigt de même que le réalisateur qui n’hésiterait pas à enchaîner les clichés (Français paresseux, Anglais obsédés par le thé).

Le summum de cette curée est atteint lorsque Tom Hanks, transformé pour l'occasion en professeur de sémiologie, révèle à Audrey Tautou qu'elle est sans doute la dernière descendante du Christ. Cette phrase, censée être la clé du film, a été accueillie par des rires !

Pire, Le quotidien Variety, véritable institution d'Hollywood, a livré dès hier une critique du film des plus féroces. " Le metteur en scène Ron Howard et le scénariste Akiva Goldsman ont comploté pour retirer tout plaisir du mélodrame, donnant au public un film bavard qui n'est pas vraiment fade, mais en est aussi proche que l'on pourrait l'imaginer (…) ». Le journaliste n’hésitant pas à qualifier le Da Vinci Code de film « lourd » et « sinistre ».

Après cette quasi-lapidation par les journalistes, l'équipe du film, arrivée en fanfare à Cannes hier soir par train spécial, devra se plier aujourd’hui aux rituels de la projection officielle, de la conférence de presse et de la montée des marches. Heureusement pour elle, l'accueil des films en soirée de gala est en général plus consensuel que lors des projections de presse.

Si une majorité de journalistes semblait déçue par le film, ce premier revers ne devrait pas déplaire à l'Eglise Catholique, dont un haut dignitaire avait dénoncé à l'avance ce film comme " perversement antichrétien ". L'association des professionnels catholiques du cinéma, Signis, était même franchement goguenarde ce matin. " Il n'y a pas de quoi fouetter un chat, ni flageller un membre de l'Opus Dei ", a déclaré à l'AFP Marc Aellen, secrétaire général de l'association. " On ne croit pas une seconde aux thèses du livre, le film les décrédibilise (…) à force de pathos grandiloquent " et " les Eglises n'ont pas à craindre ce film décevant " a-t-il estimé. " Le film a complètement édulcoré le livre (…) pour des raisons économiques (…). »

Après avoir monopolisé la couverture médiatique, le Da Vinci Code devra s'éclipser dès demain pour laisser la place à la compétition, pour laquelle il ne concourt pas. Les deux premiers films en lice pour la Palme d'or, Summer Palace du Chinois Lou Ye et Le Vent Se Lève du Britannique Ken Loach, marqueront le véritable début du Festival, qui s'ouvre cette année à une génération montante du cinéma mondial. Les grosses pointures seront néanmoins bien représentées, avec notamment dès vendredi Volver, dernier opus du cinéaste espagnol Pedro Almodovar.

E.G. (17 mai 2006 - Avec AFP)

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