Au centre de Gravity, un studio d'effets spéciaux londonien

mardi 25 février 2014 - 16:37 | Tournage
Dans les sous-sols d'un studio du centre de Londres où ont été réalisées les spectaculaires cascades spatiales de Gravity grâce à des procédés ultra-perfectionnés, des spécialistes s'affairent à des trucages plus basiques, à l'aide de sirop et de fromage.
Gravity

Comme le thriller intergalactique d'Alfonso Cuaron, l'un des films favoris pour les Oscars, de plus en plus de productions hollywoodiennes se tournent vers la capitale britannique pour réaliser leurs effets spéciaux.

" Nous sommes en train d'essayer de créer un effet de chair brûlée, pour le prochain film avec Tom Cruise ", explique à l'AFP Richard Graham, responsable des effets visuels (VFX) à Framestore, la société britannique qui a travaillé pour Gravity. " Le sirop de sucre roux et le chocolat font un sang vraiment très convaincant si vous les mélangez avec beaucoup de colorant alimentaire rouge ", poursuit-il.
" On a fait brûler au chalumeau différents types de fromage pour les faire mousser ", précise-t-il encore. Verdict : le cheddar réagit bien mieux que le fromage à hamburger.
La poisseuse préparation sera ensuite greffée numériquement au visage de l'acteur, pour une apparition éclair dans le film Edge Of Tomorrow.

Une procédure quasi routinière pour Richard Graham et son équipe, à qui il a fallu trois ans et demi de travail minutieux pour créer l'impressionnant décor spatial de Gravity.
La réalisation de la réplique de la Station spatiale internationale (ISS) à elle seule a pris un an. Avant que l'équipe ne s'arrache les cheveux pour trouver le moyen de la faire exploser.
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Sandra Bullock frappée avec un manche à balai

Tim Webber, qui a supervisé les effets spéciaux pour le film, se souvient d'être ressorti épuisé de sa première réunion avec le réalisateur Alfonso Cuaron.
" Il y avait tellement de choses différentes dans ce film, par rapport à tout ce qui avait pu être fait jusque-là ", explique-t-il à l'AFP. " Le rôle massif des effets visuels a tout changé dans le processus de réalisation ".

Sandra Bullock et George Clooney ont ainsi dû rester pendant des heures suspendus à des câbles dans les studios Shepperton, à l'ouest de Londres, ou coincés dans une cage remplie de deux millions de diodes électroluminescentes.

D'autres trucages de Gravity étaient plus rudimentaires : " On a demandé à quelqu'un de frapper Sandra Bullock à la tête avec un manche à balai ", raconte Tim Webber.
" Elle était censée se cogner contre les murs de l'ISS donc il fallait qu'elle réagisse comme si elle avait heurté quelque chose ", justifie-t-il.

Quelque 500 personnes en tout ont travaillé sur les effets spéciaux. Beaucoup ont passé des heures à observer des vidéos de la NASA pour retranscrire l'apesanteur le plus fidèlement possible.
D'autres séquences, admet Tim Webber, ont requis des efforts d'imagination. Les spectaculaires explosions du film ont par exemple été extrapolées à partir d'une vidéo YouTube d'un astronaute allumant une allumette.

Dans la plupart des scènes, seuls les visages des acteurs sont réels. Tout le reste, la station spatiale, les étoiles, les combinaisons des astronautes sortent tout droit des ordinateurs londoniens.
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Une industrie partie de Harry Potter

" On pourrait croire que (le film) a été fait à Los Angeles. Mais c'est un film qui a complètement été réalisé à Londres. C'est une publicité fantastique pour nous ", s'enorgueillit Adrian Wootton, directeur de l'agence publique Film London.

Entre sex shops, bars gay et restaurants branchés du quartier de Soho se trouvent six des huit plus grosses sociétés d'effets visuels, affirme-t-il.
Parmi elles, Double Negative et MPC ont travaillé sur des superproductions comme Inception, L'Odyssée De Pi et Prometheus.

Tout a commencé, explique Adrian Wootton, avec Harry Potter, à partir de 2000. Les sociétés londoniennes se sont partagé les effets spéciaux, en recourant aux technologies dernier cri, et ont ainsi bâti la réputation de la capitale britannique dans ce domaine.
De généreuses incitations fiscales ont aussi aidé Londres à développer ce business. A cet égard, les spécialistes de Hollywood prévoient de protester lors des Oscars le mois prochain contre des subventions qui détournent les productions de Los Angeles au profit de Londres, Toronto ou Vancouver.



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(25 Février 2014 - Relax News)

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