Comment Bush fait bouffer Michael Moore ?

Vous connaissez Farrebique et Biquefarre de Georges Rouquier ? Sans doute pas, il faudrait être fou, du type des sentinelles Matrix qui se goinfrent des planètes documentaires dans les plus basses périphéries de l’univers Cinéma. Et donc, ne pas forcément se ruer sur Iron Man quoique Jon Favreau avec son triple axel s’en est bien sorti.

Farrebique est un docu de 1946 sur la campagne française. Celle qui porte le béret, qui tartine son cantal sur du pain plus dur qu’une biscotte – ne me parlez plus de Maroilles, Rrrr – et qui regarde tourner les aiguilles sur les pendules. Tic, Tac, Tic, Tac, c’est trop long à la limite du supportable. Biquefarre, c’est le number 2, sorti quarante ans plus tard, en 1986, Georges Rouquier remet le couvert, comme si on avait pu l’oublier celui-là. Rien que pour le plan interminable sur la pendule, je vous assure, ça vaut le coup d’œil. Mais oui, absolument le cinéma n’est pas fait que de mitraillettes et de filles supra bien gaulées.

On en vient alors à Michael Moore, documentariste le plus en vogue du moment, et peut-être le plus en vogue de l’histoire du cinéma – les Lumière exceptés – a tout vu en matière de documentaire. Lui, qui a forcément vu Farrebique et Biquefarre s’inspire de l’idée de Georges Rouquier pour donner une suite à Fahrenheit 9/11. Farenheit 9/11 2 : le retour de la Busherie. Cinq ans plus tard seulement, parce que dans quarante ans le président US sera mort ou congelé.

Le réalisateur américain tentera de vendre son projet pendant le marché du film qui accompagne le Festival de Cannes… Pour les nombreux qui l’auraient sans doute oublié, Cannes est avant tout un Festival de Cinéma et un Festival de Cinéma c’est avant tout, un endroit où les films se vendent, s’achètent, se monnayent. Une opération à la portée de Michel Moore, on se souvient que le Festival de Cannes et son président du jury de l’époque Quentin Tarantino lui avait fait les yeux doux en lui offrant la Palme d’Or en 2004.

Une récompense pas innocente, le documentaire a rapporté 222,4 millions de dollars. Une aubaine pour Michael Moore, l’adversaire le plus virulent de Monsieur-je-dirige-le-monde, à part peut-être Sarkozy ! Sarcastique. Et voilà que la sentence qui aime bien, châtie bien part à la renverse. Michael Moore remboîte, les nouvelles aventures d’un George Bush en chute libre, ballotté entre le bourbier irakien et une économie américaine en berne feront vendre, à l’évidence. Il est cool George Bush, il remplit l’assiette et le compte en banque de son adversaire en chef à force de balancer ses conneries interplanétaires…

F.B. (Le 15 Mai 2008 – Avec Relax News).

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