Costa-Gavras s’attaque à la Guerre d’Algérie

Fidèle à son goût pour les sujets engagés, Costa-gavras s’attaque cette fois aux abus militaires français pendant la Guerre d’Algérie. On retrouve ainsi le réalisateur d’Amen sur le premier long-métrage de Laurent Herbiet, Mon Colonel, pour lequel il endosse sa casquette de scénariste et co-signe avec Jean-claude Grumberg une adaptation de l’ouvrage éponyme de Francis Zamponi.
L’intrigue débute en 1995, à Paris, alors que le colonel en retraite Raoul Duplan est retrouvé assassiné chez lui, une balle dans la tête. Quelles sont les raisons de ce meurtre ? Pour les comprendre il faut remonter dans le temps. 1956, Saint-Arnaud, Est de l’Algérie. En pleine guerre d'Algérie, Guy Rossi, vingt ans, licence de droit en poche, résilie son sursis et prend ses fonctions sous le commandement direct de Duplan. Bientôt, le jeune lieutenant devient le bras exécutif de son supérieur dans l'établissement d'une justice "spéciale", dont font partie les séances de torture. Subjugué par le personnage du colonel, Rossi se transforme, peu à peu en bourreau. L'acte de torturer n'apparaît plus comme une perversité monstrueuse, mais comme le prolongement logique de la justice.
Une justice qui rattrapera Duplan quarante ans plus tard.
Le tournage débute cette semaine entre l’Ile-de-France et l’Algérie et réunit Olivier Gourmet (prochainement sur les écrans dans Les Brigades Du Tigre), Robinson Stévenin (La Petite Lili), Eric Caravaca (La Raison Du Plus Faible), Bruno Solo ou encore Cécile De France, fraîchement Césarisée pour son interprétation dans Les Poupées Russes.
Avec un tel sujet et une telle collaboration, la première réalisation de Laurent Herbiet (premier assistant d’Alain Resnais sur Pas Sur La Bouche) pourrait bien être une réussite. Espérons qu’il saura conserver le ton engagé et politiquement dérangeant du livre.

E.G. (1er mars 2006 – Avec Ecran Total)

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